M. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN : “Nous comptons 119 femmes sur 462 candidats”

M. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN : “Nous comptons 119 femmes sur 462 candidats”
m-abdelaziz-belkhadem-secretaire-general-du-fln-nous-comptons-119-femmes-sur-462-candidats.JPG

Les réformes politiques du Président de la République, évoquées dans son dernier discours, mettent l’Algérie sur la voie de l’espoir. Elles permettent, par le biais d’un processus pacifique interne, d’introduire des modifications profondes.

Il s’agit tout d’abord du raffermissement de l’orientation démocratique du pays par une plus grande participation des citoyens à la prise de décision. C’est la conviction de M. Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du Front de libération nationale.

Intervenant, hier, sur les ondes de la radio Chaîne III, le leader du FLN a exprimé sa satisfaction, notamment en ce qui concerne la décision de révision profonde de la Constitution. Une démarche qui s’avère être «impérative», souligne l’invité de la radio, avant de relever l’importance des prochaines échéances qui s’avèrent capitales pour le devenir du pays, d’autant que nous sommes attendus également pour une réforme de la Constitution.

Pour le leader du premier parti politique du pays, il ne s’agit non seulement de faire élire des députés, mais aussi d’approfondir le processus démocratique, d’élargir le champ des libertés individuelles et collectives et de réformer en profondeur la Constitution de 1996. «Il y a lieu d’enlever le flou normatif qui caractérise cette constitution qui doit préserver sa norme suprême.» Selon M. Belkhadem, il va falloir procéder à «un amendement profond de la Constitution qui ne doit pas être complexe, mais cohérente tout en ayant une impérativité affirmée». L’autre priorité du FLN est de pouvoir donner un peu plus de vigueur à l’autre vitalité économique. «Les 3,5% de croissance économique ne suffisent pas pour absorber le phénomène du chômage qui continue à sévir, même s’il a été réduit à 10%.»

Répondant à une question liée au contenu de la réforme de la Constitution qui doit être globale ou partielle, le numéro un du FLN opte pour une réforme profonde. «Il est vrai qu’il existe une partie programmatique de la Constitution relevant de la loi, mais il y a nécessité de clarifier les choses en donnant un peu plus de prérogatives au pouvoir législatif, car la Constitution doit pouvoir partager le processus et également le pouvoir de décision entre les deux têtes de l’exécutif.»

Mettre la main à la pâte et contrôler les élections

Pour ce qui est de la démarche suivie en matière des réformes, M. Belkhadem estime que cette question ne date pas d’hier. «Il y a un peu plus de sept ans, le FLN a appelé à une révision profonde de la Constitution. Il y a eu accord pour revoir seulement quelques articles de la Constitution. J’ose espérer que la prochaine révision constitutionnelle changera profondément la loi fondamentale du pays.»

Abordant le thème lié aux réserves émises par certaines parties quant à la transparence des élections du 10 mai prochain, M. Belkhadem trouve normal que les gens divergent sur leur jugement, et leur manière de voir les choses tout en liant cette situation au pluralisme où la majorité est au pouvoir et une opposition en face. Mais il se demande tout de même sur le pourquoi de ce doute à partir du moment où les partis politiques et les groupes indépendants inscrits sur les listes ont leurs représentants au sein de la commission de surveillance des élections à différents niveaux, où il y une commission de supervision exclusivement formée de magistrats et où il y a des observateurs nationaux et étrangers, pourquoi douter du processus électoral ? «Il s’agit de mettre la main à la pâte et de participer au contrôle, à la surveillance et à la réussite de ces élections.»

S’agissant de l’accréditation des islamistes de 35 à 40% de voix, M. Belkhadem a indiqué que cette déclaration est faite lors de l’université d’été du FLN, bien avant les élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte. Pour l’ancien Premier ministre, ce pronostic a été dit sur la base de certaines données. «Le taux cité est un vivier commun à plusieurs partis islamiques», a-t-il notamment déclaré, tout en précisant que «la crainte, ce n’est pas le fait de voir un ou plusieurs partis politiques drainer la foule, mais c’est de voir ceux qui devraient participer à la prise de décision s’abstenir et ne pas aller aux urnes. C’est là où ils faut que les partis politiques de différentes tendances doivent se mobiliser pour pouvoir emmener les gens à se prononcer sur ceux qui doivent les représenter réellement tout en réduisant le taux d’abstention qui profiterait aux partis islamistes».

100 mesures économiques et 100 mesures sociales

Pour ce qui est de la mobilisation au vote massif, le chef du parti FLN compte sur un seul moyen, à savoir le développement des programmes. «Au lieu d’aller vers des combats de coqs, mieux vaut présenter des programmes, des alternatives et de développer des réponses aux attentes des citoyens à propos de l’emploi, de la croissance économique, de la répartition des richesses, de l’intérêt porté à la frange des jeunes et de l’adaptation de la carte de formation universitaire et professionnelle au monde du travail», précise-t-il.

A la question liée à l’alternative proposée par son parti, M. Belkhadem cite d’abord le programme du FLN, adopté lors du 9e congrès, et le programme électoral, où il a été proposé 100 mesures économiques et 100 mesures sociales pour le prochain mandat. «Le débat sur cette question doit être interactif avec le monde politique. Nous attendons le début de la campagne électorale pour développer nos idées et ce que nous proposons aux électeurs et électrices algériens dans les différents domaines socioéconomique et culturel», souligne-t-il.

119 femmes sur 462 candidats et déjà 3.400 inscrits

S’agissant de la proportion accordée aux jeunes et aux femmes, M. Belkhadem indique que sur les 462 candidats, on compte 119 femmes et jeunes femmes, contrairement aux précédentes élections.

Pour ce qui est de la liste des postulants, M. Belkhadem répond : «Il n’est pas interdit de postuler. Ce qui fait plaisir au FLN, c’est que les gens se bousculent à la porte, y compris les jeunes. Le plus important pour nous, c’est d’essayer d’arriver à un équilibre, sans qu’il y ait rupture entre les deux générations. Le FLN a besoin de gens expérimentés sur le plan du savoir-faire, de maturité politique… comme il tend la main aux jeunes pour les initier aux responsabilités.» Le leader du FLN a fait remarquer que la liste des candidatures compte actuellement 3.400 inscrits composés de membres du comité central, membres du gouvernement, de députés qui veulent se représenter, ainsi qu’un nombre important de jeunes, de femmes et de cadres. «Ce qui nous fait dire que le FLN reste porteur d’histoire et d’espoir», commente-t-il.

La Ligue arabe n’est pas une ligue,et est encore moins arabe

Sur le plan international, notamment la situation au Maghreb, M. Belkhadem a indiqué que «les temps actuels sont ceux des grands espaces et non pas de petites entités, même si elles sont porteuses».

Abordant la situation en Syrie, le leader du FLN la qualifie de «tragique». «Les Syriens sont en train de s’entre-tuer. Il faut mettre un terme à cette tragédie et permettre aux Syriens de décider seuls de leur avenir, de la forme du régime qu’ils veulent et des dirigeants qu’ils veulent», a souligné M. Belkhadem. Pour ce qui est de la position de la Ligue arabe, il a indiqué que cette institution «a besoin d’être profondément revue, car, en réalité, elle n’est pas une ligue, et est encore moins arabe. Une ligue qui fait appel au Conseil de sécurité contre un de ses membres fondateurs ou à l’Otan pour détruire les capacités des pays arabes a besoin d’être profondément revue».

Pour ce qui est du «modèle turc par rapport à l’islamisme modéré», M. Belkhadem s’interroge sur cette manière de «commercialiser ce modèle turc, alors qu’il existe un modèle moderne, à savoir le modèle malaisien et qui n’a jamais fait l’objet d’étude». «Il n’y a pas de possibilité de stéréotyper un modèle. Chaque pays a ses spécificités et ses propres capacités pour forger son avenir», conclut-il.

Sarah SOFI