Luxembourg : ce qui va changer pour les Algériens souhaitant s’y installer dès octobre

Le Luxembourg s’apprête à modifier en profondeur les démarches imposées aux ressortissants de pays tiers qui souhaitent s’installer sur son territoire. À partir du 1er octobre 2026, une nouvelle procédure entrera en vigueur pour les personnes souhaitant obtenir un premier titre de séjour de plus de 90 jours.
Désormais, le visa de long séjour, appelé visa D, remplacera l’autorisation de séjour temporaire (AST) qui devait jusqu’ici être demandée auprès de la Direction générale de l’immigration (DGIM) avant le départ vers le Luxembourg.
La réforme, annoncée le 23 septembre 2026 par les autorités luxembourgeoises, avait été validée par le Conseil de gouvernement en juillet 2025. Elle concerne notamment les ressortissants de pays tiers qui souhaitent rejoindre le Luxembourg pour travailler, étudier ou dans le cadre d’un regroupement familial.
Le Luxembourg abandonne son ancienne autorisation de séjour temporaire
Jusqu’à présent, les ressortissants de pays tiers souhaitant s’installer au Luxembourg devaient, dans plusieurs situations, effectuer une première démarche auprès de la Direction générale de l’immigration afin d’obtenir une autorisation de séjour temporaire.
Cette procédure va disparaître à compter du 1er octobre 2026 pour les demandes de premier titre de séjour concernées.
Le Luxembourg passera ainsi directement par le visa D, demandé auprès des représentations diplomatiques luxembourgeoises ou, lorsque le Grand-Duché n’est pas représenté dans le pays concerné, auprès de l’ambassade de Belgique compétente.
Selon les autorités luxembourgeoises, cette réforme vise notamment à rapprocher les procédures nationales des pratiques appliquées dans les autres États membres de l’Union européenne. Le gouvernement indique que le Luxembourg était jusqu’ici le dernier État membre à conserver une procédure nationale distincte fondée sur l’autorisation de séjour temporaire.
Le changement concerne donc particulièrement les personnes qui préparent actuellement un projet d’installation au Luxembourg. Pour elles, la démarche à effectuer avant le départ sera différente à partir du 1er octobre.
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Pourquoi le Luxembourg passe au visa D ?
Le gouvernement luxembourgeois avance trois principales raisons pour expliquer cette évolution.
La première est l’harmonisation des procédures d’immigration. Le Luxembourg souhaite aligner son système sur les pratiques européennes et abandonner une procédure administrative qui lui était spécifique.
La deuxième concerne la sécurité. D’après les autorités, le visa D répond davantage aux normes liées aux systèmes européens de frontières intelligentes. Cette évolution intervient alors que les dispositifs numériques de contrôle des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers se développent progressivement aux frontières extérieures de l’espace Schengen.
La troisième raison concerne la circulation dans l’espace Schengen. Le visa D permettra à son titulaire de se déplacer dans cet espace dès son arrivée, sans devoir attendre la délivrance de son titre de séjour définitif.
Cette possibilité constitue un changement important pour les nouveaux arrivants, qui disposeront ainsi d’un document leur permettant de voyager dans l’espace Schengen pendant la période précédant la délivrance de leur titre de séjour luxembourgeois.
Visa D au Luxembourg : les trois étapes à connaître
À partir du 1er octobre 2026, le parcours sera organisé autour de trois principales étapes.
1. La demande se fera à l’étranger
Le demandeur devra introduire personnellement sa demande auprès de l’ambassade du Luxembourg compétente.
Lorsque le Luxembourg ne dispose pas de représentation diplomatique dans le pays concerné, la demande pourra être déposée auprès de la représentation belge compétente.
Cette démarche remplace donc la demande préalable d’autorisation de séjour temporaire auprès de la Direction générale de l’immigration.
2. Le demandeur recevra un visa D
Une fois la procédure accomplie et le visa accordé, le demandeur pourra entrer au Luxembourg avec son visa de long séjour.
Selon le communiqué officiel, le visa D sera valable pendant six mois dans le cadre de cette nouvelle procédure. Il permettra également de circuler dans l’espace Schengen jusqu’à la délivrance du titre de séjour.
Cette étape est particulièrement importante pour les futurs résidents qui doivent voyager avant d’obtenir leur carte de séjour définitive.
3. Les démarches continueront après l’arrivée
L’obtention du visa D ne met pas fin aux formalités administratives.
Après son arrivée au Luxembourg, le demandeur devra effectuer une déclaration d’arrivée auprès de sa commune de résidence dans un délai de trois jours.
Il devra ensuite introduire sa demande de titre de séjour auprès de la Direction générale de l’immigration.
Autrement dit, la réforme ne supprime pas les démarches liées au titre de séjour. Elle modifie principalement la première étape effectuée avant l’entrée sur le territoire.
Travail, études, regroupement familial : qui est concerné ?
La nouvelle procédure concerne les ressortissants de pays tiers, c’est-à-dire les personnes qui ne sont pas ressortissantes de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse, lorsqu’elles souhaitent s’installer au Luxembourg pour une durée supérieure à 90 jours.
Plusieurs situations sont concernées, notamment :
- les personnes venant travailler au Luxembourg ;
- les étudiants souhaitant y poursuivre leurs études ;
- les ressortissants étrangers concernés par un regroupement familial ;
- plus largement, les personnes souhaitant obtenir un premier titre de séjour pour une installation de longue durée.
Pour ces catégories, le visa D deviendra donc la nouvelle étape préalable à l’entrée au Luxembourg dans le cadre de la procédure concernée.
Pour les Algériens qui envisagent de s’installer au Luxembourg, cette évolution implique d’anticiper la procédure depuis l’Algérie et de respecter les modalités de dépôt auprès de la représentation compétente.
Voici les catégories qui ne sont pas concernées
Le changement ne concernera pas tous les étrangers.
Les citoyens de l’Union européenne et les membres de leur famille, ainsi que les ressortissants d’Islande, de Norvège, du Liechtenstein et de Suisse, ne devront pas suivre cette nouvelle procédure.
Les ressortissants britanniques bénéficiaires de l’Accord de retrait ne seront également pas concernés.
Le gouvernement luxembourgeois précise également que la réforme ne vise pas les demandes effectuées depuis le territoire luxembourgeois dans certaines situations.
Le nouveau dispositif n’inclut pas les demandes de remplacement, de renouvellement ou de changement de catégorie d’un titre de séjour, ni les demandes de titre de séjour déposées directement sur le territoire.
Les demandeurs de protection internationale ne devront pas non plus suivre cette nouvelle procédure.
Ce qui change concrètement pour les futurs résidents
Le principal changement se situe donc avant le départ.
Avec l’ancienne procédure, le ressortissant d’un pays tiers devait d’abord passer par la procédure d’autorisation de séjour temporaire auprès de la DGIM. À partir du 1er octobre 2026, cette étape sera remplacée par une demande de visa D auprès d’une représentation diplomatique compétente.
Le schéma devient ainsi :
Avant le 1er octobre 2026, les demandeur commençaient par une demande d’autorisation de séjour temporaire, les démarches liées au visa, l’entrée au Luxembourg, puis déclaration d’arrivée et enfin titre de séjour.
À partir du 1er octobre 2026, la procédure commencera par une demande de visa D auprès de l’ambassade compétente, ensuite, l’entrée au Luxembourg, puis déclaration d’arrivée sous trois jours et pour finir, demande de titre de séjour.
La Direction générale de l’immigration reste donc impliquée dans la procédure, mais plus au même moment du parcours.
La réforme ne signifie pas non plus que le visa D remplace définitivement le titre de séjour. Il constitue une étape permettant l’entrée et le séjour pendant la période précédant la délivrance du document de séjour luxembourgeois.
Une réforme qui s’inscrit dans la transformation des procédures européennes
Le changement annoncé par le Luxembourg intervient dans un contexte plus large de modernisation des procédures migratoires et de contrôle des frontières en Europe.
Les systèmes numériques de contrôle aux frontières se développent progressivement, tandis que plusieurs États européens font évoluer leurs procédures administratives liées aux visas et aux titres de séjour.
Le Luxembourg présente toutefois sa réforme avant tout comme une mesure d’harmonisation avec les pratiques européennes, en abandonnant une procédure nationale qui lui était propre.
Pour les personnes qui préparent une installation au Grand-Duché, l’enjeu sera donc surtout de bien identifier la procédure applicable à leur situation et de vérifier les modalités de dépôt auprès de la représentation compétente.
Les informations détaillées seront mises à jour le 1er octobre
Les autorités luxembourgeoises annoncent que des informations complémentaires seront disponibles sur le portail officiel Guichet.lu à compter du jour de l’entrée en vigueur de la réforme.
Les futurs demandeurs devront donc vérifier les conditions et documents exigés avant d’entreprendre leurs démarches, notamment en fonction du motif de leur installation.
Le calendrier est désormais fixé : à partir du 1er octobre 2026, les ressortissants de pays tiers concernés devront demander un visa D pour obtenir leur premier titre de séjour, en remplacement de l’ancienne autorisation de séjour temporaire.
Pour les candidats à l’immigration, notamment ceux qui préparent un départ pour le travail, les études ou le regroupement familial, cette modification impose surtout d’anticiper la nouvelle étape diplomatique et de se renseigner sur la représentation compétente avant le voyage.






