La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) n’a pas tardé à réagir sur la nomination de Abdelmalek Sellal, fraîchement installé en tant que Premier ministre.
Louisa Hanoune n’a pas manqué de commenter l’événement, en attendant la composition de la totalité du staff exécutif qui doit intervenir d’un moment à l’autre. «Abdelmalek Sellal est un homme qui n’a pas d’appartenance politique.
C’est un technocrate et avec qui nous avons travaillé, donc nous, nous n’avons aucune réserve à son égard», dira-t-elle hier lors d’une allocution prononcée à l’occasion d’une session ordinaire du bureau politique du parti. «C’est une personne que nous respectons et à qui nous souhaitons bon vent, parce que la mission, tant sur le plan interne et externe, s’annonce difficile pour lui». Difficile parce que Sellal devra, selon Louisa Hanoune, répondre aux aspirations et attentes des Algériens à travers la prise en charge de leurs revendications, sociales notamment.
A ce sujet, la première responsable du parti n’a pas manqué de poser quelques interrogations. Est-ce que le nouveau Premier ministre aura le pouvoir de décision ? Quelles sont les prérogatives qui seront attribuées à Abdelkader Sellal ? Est-ce que la formation du gouvernement relève de ses compétences ? Autant de questions qui taraudent l’esprit de Louisa Hanoune. Selon elle, le parti n’a pas de commentaire à émettre sur la question tant que les ministres qui occuperont les différents départements ne sont pas encore connus. «Nous attendons pour voir plus clair», dit-t-elle. En tout état de cause, l’oratrice a souhaité que le nouveau gouvernement «soit un gouvernement de rupture avec le parti unique, un gouvernement qui sortira l’Algérie de l’impasse dans laquelle elle se trouve au lendemain du 10 mai dernier». «Les élections législatives du 10 mai ont engendré une situation étrange. Le nouveau Premier ministre et sont staff auront la responsabilité de donner une nouvelle impulsion aux réformes engagées par l’Algérie». Pour Louisa Hanoune, «le pays est plongé dans un cafouillage indescriptible, et ce, depuis le 10 mai». «Le gouvernement est tétanisé, la situation sociale est explosive, et à cela s’ajoute l’immobilisme politique», dit-elle. Elle a même du mal à approuver la récente opération coup-de-poing décidée pour tenter d’éradiquer le commerce informel. «Oui, c’est bien d’éradiquer le commerce informel. Mais est-ce que c’est suffisant de décider de la sorte ? L’État a-t-il pensé à trouver des emplois pour ces commerçants informels qu’il veut interdire ?», s’est-elle interrogée, tout en réitérant sa revendication de «rouvrir les anciens souks el-fellah».
Sur le plan international, Louisa Hanoune a souligné que le nouveau Premier ministre aura du pain sur la planche, compte tenu du contexte régional caractérisé, selon elle, par l’insécurité et les menaces d’interventions militaires émanant des pays étrangers. Dans ce sens, Louisa Hanoune considère que la prise d’otages d’Algériens par des groupes terroristes est «comme une provocation, une pression sur l’Algérie pour l’impliquer dans un conflit et la pousser à renoncer à son principe de non-ingérence et son choix de privilégier, à chaque fois, la solution politique pour le règlement des conflits». «L’Algérie ne doit pas répondre à la provocation par la provocation», a-t-elle conclu.
Mehdi Ait Mouloud
