Des dizaines de personnes ont observé, hier, un sit-in au siège de l’ambassade de la Palestine à Alger pour condamner le crime perpétré par les colons israéliens, qui ont brûlé vif, vendredi dernier, dans le village de Duma, un bébé de 18 mois
Des dizaines de personnes ont observé, hier, un sit-in au siège de l’ambassade de la Palestine à Alger pour condamner le crime perpétré par les colons israéliens, qui ont brûlé vif, vendredi dernier, dans le village de Duma, un bébé de 18 mois, Ali Dawabsheh, et blessant grièvement et mutilant quatre membres de sa famille. Alors que cet acte odieux a choqué l’opinion internationale, l’on se rend compte que ce n’est pas un cas isolé, au vu des images insoutenables mises à l’évidence dans la salle de conférences de l’ambassade, où l’on distingue des enfants ensanglantés, d’autres déchiquetés et des soldats israéliens pointant leur fusil sur des mamans impuissantes. Sollicité par les organisateurs, l’ambassadeur palestinien, Louaï Aïssa, a affirmé que «c’est tout notre peuple qui est brûlé dans sa chair et dans son âme», dénonçant énergiquement le recours à ce genre d’actes barbares. Reconnaissant que la situation est «très compliquée», M. Aïssa dit que les Palestiniens militent pour une seule cause, «celle de la Palestine». Conscient du danger des manœuvres diaboliques d’Israel, l’ambassadeur ajoute que l’union doit être renforcée et les efforts conjugués. «Les actions menées en désordre ne peuvent être bénéfiques qu’au colon», met-il en garde.
Enchaînant, M. Aïssa relève l’importance de la rencontre que tient aujourd’hui (hier, ndlr), une commission relevant de la Ligue arabe et qui devrait être riche en recommandations en ce sens de renforcer le soutien à la cause palestinienne, loin de tous les calculs politiciens et intérêts personnels. «Pour nous, l’important est de résister sur cette terre qui est la notre.» Et à M. Aïssa de couper court aux différentes tentatives de semer la fitna au sein des Palestiniens eux-mêmes. «Les problèmes se mesurent par leurs conséquences et non par l’effet médiatique qu’ils engendrent», enchaîne-t-il.
Sur sa lancée, M. Aïssa lance un message chargé de sens, dans lequel il précise que les Palestiniens continueront leur combat jusqu’à l’indépendance de leur pays avec, à la clé, El-Qods comme capitale. Par ailleurs, l’ambassadeur palestinien a mis en relief la responsabilité historique que doit assumer la communauté internationale. Interrogé sur l’intérêt que peut apporter la récente adhésion de son pays à la Cour pénale internationale, l’ambassadeur palestinien dit que «c’est une bonne chose», précisant, tout de même, que la Palestine répond à toutes les conditions lui permettant d’obtenir son indépendance. «Pourquoi la CPI ne condamne pas Israel ?», s’interroge M. Aïssa. En marge de ce sit-in, il dit que, s’agissant de la Palestine, l’ingérence étrangère se conjugue au pluriel. À propos du rassemblement, l’ambassadeur ajoute que c’est une «halte pour attirer l’attention du monde entier quant au danger que représente Israel sur nous et sur tous les pays arabes, d’où la nécessité de converger nos efforts.»
D’autre part, le diplomate ne croit pas une seconde en l’aveu de hauts responsables israéliens qui ont souligné que «cette attaque contre des civils palestiniens est un acte barbare et terroriste», et que le fait de le dénoncer n’est, en fait, «que de la poudre aux yeux», pour ne pas être assimilés à des sanguinaires sans foi ni loi, «ce qu’ils sont réellement d’ailleurs». Pour lui, le but des propos des responsables de l’armée est de «limiter les dégâts», en plus, «ils s’adressent à l’opinion publique internationale». C’est «le made in Israël» qui prétend que le meurtre d’un enfant palestinien est l’acte d’«extrémistes» marginaux, alors que, dans la réalité, «la condamnation de cet acte odieux par Israël sonne faux, car la politique de l’État a conduit à un climat d’impunité qui rend possible une telle violence», précise M. Aïssa. Et de rebondir, comme à son habitude, sur le rôle pionnier et le soutien indéfectible de l’Algérie au peuple palestinien. De son côté, Nasreddine Hazzam, président de l’association El-Irchad oua el-Islah a souligné, de prime abord, que «les Algériens ont écrit en lettres d’or leur soutien à la cause palestinienne», affirmant que «beaucoup de travail reste encore à faire».
Fouad Irnatene