Le logement a de tout temps été et restera sans doute encore longtemps l’une des premières préoccupations sociales de la société.
Les difficultés que rencontre tout un chacun pour y accéder chez nous ne se comptent plus. Quand certains désignent le manque d’offres comme principale cause de cet état de fait, d’autres n’hésitent pas à jeter la pierre aux différentes politiques de gestion du secteur, notamment en termes de critères et modalités d’accès à ce sésame social, mais aussi de transparence des opérations de distribution.
A ce titre, en effet, mouvements associatifs et citoyens n’ont eu de cesse de demander leur implication dans l’opération de distribution, leur mise à l’écart ayant souvent entraîné suspicion et tensions.
Source aussi de frustrations, le logement accapare par ce fait toutes les passions et est souvent derrière nombre de levées de boucliers, voire parfois de contestations dans diverses régions et localités du pays.
Depuis plus d’une décennie, en effet, le logement en Algérie constitue l’une des principales causes de contestations et ce, malgré les efforts accomplis par les pouvoirs publics dans le sens de satisfaire une demande de plus en plus importante et de plus en plus pressante. Force est de constater cependant que le résultat de ces efforts reste insuffisant.
Les nouveaux préposés au secteur fraîchement installés se voient, dès lors, en position de gérer une double tâche. D’une part, garantir une continuité et une stabilité de l’offre et, d’autre part, combler un déficit engendré par des décennies de stratégies et de plans qui n’ont pas particulièrement brillé par leurs résultats.
En effet, pour une demande nationale de 225 000 logements par an, l’Algérie n’arrive à en réaliser que 75 000. Une situation qui semble alerter en haut lieu. L’urgence de mettre en place une nouvelle stratégie s’est, en effet, imposée à Abdelmadjid Tebboune, nouveau ministre du secteur, dès sa prise de fonction. Ainsi, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a affirmé que même si sa politique se veut «un prolongement» de ce qui a déjà été accompli dans le secteur, l’introduction de nouvelles réformes et d’une stratégie plus adaptée pour réaliser les objectifs tracés par l’Etat s’avère nécessaire.
Qualifiant son nouveau poste de «lourde» responsabilité, eu égard à l’importance du secteur, M. Tebboune a voulu affirmer la disponibilité des moyens matériels pour résoudre ce problème qui constitue la deuxième préoccupation du citoyen après l’emploi.
Ainsi, outre l’importance des moyens évoqués par le ministre, pas moins de 3 500 milliards de dinars (47,2 milliards de dollars) sont mobilisés pour répondre à une demande sociale qui reste des plus pressantes.
Dès lors, M. Tebboune a incité les cadres de son ministère à redoubler d’efforts, insistant sur la nécessité de respecter la qualité de réalisation et la transparence dans la distribution des logements, prenant acte de ce que le citoyen était désormais «plus exigeant».
