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Médicaments essentiels : l’Algérie adopte sa première liste nationale, à quoi va-t-elle servir ?

Médicaments essentiels : l’Algérie adopte sa première liste nationale, à quoi va-t-elle servir ?
L'Algérie adopte sa première liste nationale des médicaments essentiels pour renforcer leur disponibilité et orienter la production locale.
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Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé le 20 octobre l’adoption de la première liste nationale des médicaments essentiels. Ce document de référence doit orienter la production locale et sécuriser la disponibilité des traitements prioritaires. Il ne modifie pas, pour l’instant, le remboursement des patients.

Médicaments essentiels en Algérie : une première liste nationale adoptée en 2026

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé mardi 20 octobre à Alger l’adoption de la première liste nationale des médicaments essentiels. Il s’exprimait à l’ouverture d’une journée d’étude consacrée à l’exportation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux. Le ministre y voit « une étape stratégique » qui couronne les travaux d’un comité d’experts spécialisé.

Ce comité avait été installé le 23 avril 2026 au siège du ministère. Il devait évaluer les traitements selon des critères scientifiques et techniques, en tenant compte de l’évolution des maladies dans le pays. Six mois plus tard, la première liste nationale est donc adoptée.

À quoi servira la nouvelle liste des médicaments essentiels en Algérie ?

Selon le ministre, cette liste servira de référence pour définir les priorités nationales en matière de disponibilité durable des médicaments essentiels. Elle doit aussi renforcer les capacités de production nationales. Les autorités veulent enfin orienter les investissements vers les médicaments prioritaires sur les plans sanitaire et stratégique, y compris en vue de leur exportation.

La liste doit également s’accorder avec le programme national de production et d’importation. L’objectif consiste à répondre aux besoins thérapeutiques réels de la population. Les pathologies les plus répandues dans le pays guident donc le choix des traitements retenus.

Le concept de médicament essentiel vient de l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS publie une liste modèle qu’elle met à jour tous les deux ans. De nombreux pays s’en inspirent pour établir leur propre liste nationale.

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CNAS et Casnos : les médicaments essentiels seront-ils remboursés ?

Un médicament essentiel n’est pas forcément remboursé ni gratuit. Il s’agit d’un médicament jugé prioritaire pour la santé publique, dont l’État veut garantir la disponibilité. La liste sert d’abord d’outil de planification pour la production et l’approvisionnement.

Le remboursement dépend, lui, de la liste des médicaments remboursables par la sécurité sociale, CNAS ou Casnos. La gratuité concerne certains cadres précis, comme les hôpitaux publics ou les programmes nationaux de santé. Aucun changement du remboursement ni des prix n’a été annoncé avec l’adoption de cette liste.

Les patients ne doivent donc pas s’attendre à un changement immédiat en pharmacie. Il est recommandé de se renseigner auprès de son pharmacien ou de sa caisse de sécurité sociale avant toute conclusion, afin d’éviter toute confusion.

Liste nationale des médicaments essentiels : qui a participé à son élaboration ?

Le comité d’experts réunit des représentants de plusieurs ministères. On y trouve la Défense nationale, l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, la Santé, ainsi que le Travail, l’Emploi et la Sécurité sociale. Cette composition permet de croiser les besoins des hôpitaux, des patients et de la sécurité sociale.

Plusieurs organismes spécialisés participent également aux travaux. Il s’agit de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques et de la Pharmacie centrale des hôpitaux. L’Institut Pasteur d’Algérie et le Centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance complètent ce dispositif.

Des experts en médecine, en pharmacie et en chirurgie dentaire, désignés par leurs ordres professionnels, siègent aussi au comité. L’Agence nationale des produits pharmaceutiques joue par ailleurs un rôle central dans la surveillance du marché. Elle a récemment signalé un lot de médicament contrefait en circulation.

Disponibilité des médicaments en Algérie : ce qui pourrait changer pour les patients

Pour l’industrie, la liste doit orienter la production et les investissements vers les molécules prioritaires. Pour les importations, elle servira à aligner le programme d’importation sur les besoins identifiés. Les autorités espèrent ainsi réduire les ruptures sur les traitements les plus utilisés.

Plusieurs points restent cependant à préciser. Le ministère n’a pas encore détaillé le nombre de molécules retenues, les classes thérapeutiques concernées ni la date de publication du texte. Ces précisions devraient accompagner la diffusion officielle de la liste.

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Une industrie pharmaceutique tournée vers l’export

L’adoption de la liste intervient alors que le secteur multiplie les ambitions à l’international. Les exportations de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux ont atteint près de 52 millions de dollars en 2025, vers 33 pays dont 18 africains. Le ministre veut désormais passer à une nouvelle étape, tournée vers les marchés extérieurs.

Selon Ouacim Kouidri, l’Algérie abrite près de 30 % des usines pharmaceutiques du continent africain. Des industriels expédient déjà des médicaments « Made in Algeria » vers la Côte d’Ivoire. Les partenariats avec des laboratoires étrangers se multiplient aussi, comme l’accord signé avec Amgen contre les maladies cardiovasculaires.

Le groupe public Saidal exporte de son côté vers plus de dix pays africains. Il prépare aussi de nouveaux projets pour les médicaments très demandés, notamment les anticancéreux. Son usine de matière première du paracétamol, à Batna, doit entrer en production d’ici neuf mois.

Le ministre a également rappelé la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments, organisée en Algérie en novembre 2025. La liste nationale doit aider à concilier la disponibilité des traitements sur le marché intérieur et le développement des exportations. Les autorités en font un pilier de la souveraineté pharmaceutique.

AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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