Liste grise du GAFI : à l’ultime étape, que fait l’Algérie pour en sortir ?

Liste grise du GAFI : à l’ultime étape, que fait l’Algérie pour en sortir ?
Sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI

Après plus d’une année sous surveillance renforcée, l’Algérie s’approche d’un tournant décisif dans son dossier avec le Groupe d’action financière.

Réuni à Mexico du 11 au 13 février, le Gafi a livré des conclusions qui placent le pays à la dernière marche avant une éventuelle sortie de la liste grise. Une étape technique reste à franchir, mais le signal envoyé se veut clair.

Dans son compte rendu publié à l’issue de sa plénière, le Groupe d’action financière (Gafi) indique que l’Algérie a « substantiellement achevé son plan d’action » et qu’elle justifie désormais « une évaluation sur place ».

Liste grise du Gafi : l’Algérie justifie une évaluation sur place

Cette mission doit permettre de vérifier que la mise en œuvre des réformes relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) a effectivement « débuté et se poursuivait, et que l’engagement politique nécessaire à leur pérennité était maintenu ».

Autrement dit, le pays entre dans la phase finale du processus engagé depuis son inscription sur la liste grise fin 2024.

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Le Gafi précise avoir examiné les progrès accomplis depuis octobre 2025 par plusieurs juridictions sous surveillance renforcée, dont l’Algérie. Ses conclusions soulignent que le pays a mis en œuvre des réformes visant :

  • L’amélioration de la supervision fondée sur les risques, notamment dans les secteurs à haut risque
  • L’adoption de nouvelles procédures, évaluations des risques, manuels et lignes directrices de supervision
  • La réalisation d’inspections et l’application de sanctions « efficaces, proportionnées et dissuasives »

Lutte contre le blanchiment : un arsenal législatif et réglementaire renforcé

Le rapport du Gafi mentionne également plusieurs avancées structurantes :

  • L’« élaboration d’un cadre efficace pour les informations de base et les informations sur les bénéficiaires effectifs »
  • Le « renforcement du régime de déclaration des opérations suspectes »
  • La « mise en place d’un cadre juridique et institutionnel efficace pour les sanctions financières ciblées en matière de financement du terrorisme »
  • La « mise en œuvre d’une approche fondée sur les risques pour la supervision des organisations à but non lucratif. Sans perturber ni décourager leurs activités légitimes »

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Ces éléments traduisent une mise à niveau approfondie du dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Selon les conclusions publiées, l’Algérie a levé l’essentiel des réserves initialement émises sur l’efficacité de son système.

L’étape d’évaluation sur place constitue désormais la dernière vérification, destinée à mesurer l’effectivité et la durabilité des réformes adoptées.

GAFI : une sortie de la liste grise attendue en 2026 pour l’Algérie

Le Gafi organise traditionnellement ses réunions plénières en février, juin et octobre de chaque année. Si l’inspection sur place confirme les avancées constatées sur le plan réglementaire et institutionnel, la sortie de la liste grise pourrait intervenir lors d’une prochaine session.

Au regard du calendrier habituel de l’organisation et du stade atteint par le dossier, une décision est attendue au plus tard au cours de la deuxième moitié de 2026.

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Après moins d’un an et demi sous surveillance renforcée, l’Algérie se trouve ainsi à l’ultime étape d’un processus technique engagé pour répondre aux standards internationaux en matière de lutte contre la criminalité financière.