L’incroyable soutien d’Alger à Riyad !

samedi 11 août 2018 à 13:38
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Avec une rapidité incroyable, l’Algérie a été l’un des premiers et rares pays à prendre position dans la crise opposant le Canada et l’Arabie Saoudite. Alger s’est, ainsi, dressée aux côtés de Riyad accusée de graves atteintes aux droits de l’Homme.
Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Tout a commencé vendredi dernier lorsque l’ambassade du Canada basée à Riyad appelle (sur son compte Tweeter) à la libération immédiate de tous les militants et activistes des droits de l’Homme dans le cadre d’une large campagne déclenchée par le prince Mohamed Ben Selmane. Parmi les prisonniers figurent plusieurs femmes connues pour leur engagement en faveur de la cause féminine.
Samar Badawi en fait partie. Militante connue, elle est aussi la sœur d’un blogueur emprisonné depuis 2012 en raison de son hostilité à la politique du Palais. Son épouse et ses trois enfants ont obtenu la nationalité canadienne en 2013. Face à l’ampleur des arrestations, l’ambassade du Canada réagit, fait part de son inquiétude et exige la libération immédiate des prisonniers. L’affaire prend des proportions internationales. L’image du prince saoudien officiellement engagé dans des réformes progressistes surtout en faveur des femmes saoudiennes en prend un coup sévère. Il réagit violemment. L’ambassadeur canadien se voit sommé de quitter le pays dans les 24 heures qui suivent le Tweet. MBS ne s’arrête pas là. Il ordonne le transfert de tous les étudiants saoudiens se trouvant au Canada vers d’autres points, exige de ses ressortissants en affaires avec des Canadiens de rompre leurs contrats, suspend les vols en direction de ce pays et promet d’envisager d’autres sanctions si Ottawa refuse de présenter des excuses. Le Premier ministre canadien s’y refuse catégoriquement et tweete un message rappelant qu’au Canada, on ne badine pas avec les droits de l’Homme. «Nous continuerons poliment à dénoncer les atteintes là où elles se déroulent», fait savoir ce dernier. La crise est suivie de très près par la communauté internationale qui refuse pourtant de prendre officiellement position. Même les Etats-Unis préfèrent laisser les deux pays régler le différend entre eux. Contre toute attente, Alger sort du lot et décide de se dresser aux côtés de Riyad en faisant prévaloir son droit à la non-ingérence. Elle rappelle aussi les liens d’amitié qui la lient aux Saoudiens.
Cette réaction vient confirmer, si besoin est, le sentiment qui se dégage depuis un moment en Algérie. Les autorités semblent avoir décidé de s’aligner systématiquement sur les positions saoudiennes quelqu’en soient les circonstances. Le fait a été clairement perçu dans le conflit opposant l’Arabie Saoudite au Yémen, décrié et condamné par communiqué officiel dès lors qu’il riposte contre l’agression dont fait l’objet une partie de sa population.
Lors des deux derniers sommets de la Ligue arabe, organisation tenue en main par les Saoudiens, on a vu également Alger avaliser sans rechigner des communiqués faisant l’impasse sur les bombardements de la coalition occidentale contre la Syrie.
D’autres textes du même genre d’une grande hostilité contre l’Iran ont été adoptés en présence de l’Algérie qui se retrouvait ainsi bel et bien entraînée dans le vaste mouvement anti-chiite généré par les Saoudiens. Plus grave encore, un texte publié par la présidence de la République à l’occasion du 16 avril dernier a tenu à spécifier le caractère sunnite de l’islam algérien. Cette précision avait, d’ailleurs, été critiquée par le Parti des travailleurs (PT) qui y percevait une «dérive dangereuse (…) les ennemis du peuple et de la région n’étant pas l’Iran mais les impérialismes et leurs laquais locaux». L’attitude algérienne n’a, cependant, pas valu au pays d’être épargné dans une affaire montée de toutes pièces par le voisin marocain. Celui-ci avait été accusé d’avoir fermé les yeux sur une opération d’acheminement d’armes au Front Polisario par le Hezbollah via l’ambassade d’Iran à Alger.
La Ligue arabe, l’OCI, l’Arabie Saoudite et toutes les monarchies du Golfe se sont élevées comme un seul homme en faveur du Maroc, humiliant l’Algérie qui, pourtant, avait dénoncé la cabale dont elle faisait l’objet.
A. C.

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