Ligne minière Est : L’État met les bouchées doubles pour livrer son géant du phosphate

Ligne minière Est : L’État met les bouchées doubles pour livrer son géant du phosphate
La ligne minière Est

Face aux enjeux colossaux du mégaprojet intégré du phosphate, le ministère des Travaux publics a sonné la mobilisation générale. Sur les 422 kilomètres reliant Annaba à Tébessa, les chantiers ne dorment plus.

Entre prouesses techniques et travail en continu, l’État déploie ses géants publics pour livrer ce qui deviendra le nouveau poumon logistique du pays.

Course contre la montre sur les rails : les chantiers ferroviaires passent en mode 24h/24

Le ton est donné par le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base : la ligne minière Est est entrée dans une phase d’accélération « sans précédent ». Pour tenir les délais de cette infrastructure stratégique, le ministre Abdelkader Djellaoui a instauré une règle d’acier : le travail continu.

Désormais, les projecteurs remplacent le soleil. Sur le segment Dréa-Oued Kebrit, comme à la gare d’El Hadjar ou au point kilométrique 50, les équipes de soudage et de pose de voies s’activent jour et nuit.

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Ce bras de fer contre le temps vise à transformer radicalement la dorsale ferroviaire de l’Est pour l’adapter aux nouvelles ambitions industrielles de l’Algérie.

L’élite de l’ingénierie algérienne au chevet de la méga-ligne ferroviaire

Pour relever ce défi de 422 km, le gouvernement a mobilisé l’élite de l’ingénierie nationale. On y retrouve les fleurons du secteur public, tels que Cosider (Travaux Publics et Ouvrages d’Art), Infrafer et Sero-Est.

Travaillant de concert avec des partenaires étrangers, cette coalition industrielle multiplie les interventions de haute précision : soudage électrique des rails, bourrage des voies et finalisation des systèmes de drainage transversal.

L’union des compétences nationales et internationales est ici la clé pour garantir la robustesse d’une voie destinée à supporter des charges lourdes.

Tunnels et viaducs : comment l’Algérie dompte le relief de l’Est

Le projet est bien plus qu’une simple pose de rails ; c’est un défi topographique permanent. Les ouvrages d’art, véritables colonnes vertébrales du tracé, font l’objet d’une attention particulière. Le creusement du tunnel n°2 progresse de manière décisive, tandis que les travaux de soutènement s’accélèrent à la sortie du tunnel n°8.

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Côté ponts, les rapports de chantier témoignent de l’ampleur de la tâche : forage et coulage de béton pour les pieux des ponts n°9, n°36 et n°4 atteignent déjà le troisième niveau de structure. La pose des charpentes métalliques pour les ponts supérieurs vient compléter ce tableau de prouesses en génie civil.

Transport de phosphate Algérie : l’impact stratégique de la ligne Annaba-Tébessa

Si l’État déploie une telle vigueur, c’est que la ligne Annaba-Tébessa représente le cordon ombilical du projet intégré du phosphate. En reliant les riches gisements de l’extrême Est aux infrastructures de transformation et aux ports d’exportation d’Annaba, l’Algérie se dote d’un outil logistique de classe mondiale.

Au-delà du transport, ce projet est la clé de voûte de la stratégie nationale de diversification économique. En renforçant sa souveraineté industrielle, l’Algérie entend bien se propulser parmi les leaders de l’industrie minière sur le continent.