Libye et Sahel,Les deux autres différends entre Alger et Paris

Libye et Sahel,Les deux autres différends entre Alger et Paris
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Les relations entre l’Algérie et la France n’ont jamais été simples à cause notamment du passé colonial mais depuis l’année dernière, Paris a voulu se rattraper en affichant sa volonté de relancer les relations économiques entre les deux pays.

Mais apparemment ce n’est pas suffisant car les différends entre les deux pays ne manquent pas et la question de la Libye et du Sahel figure parmi les nouveaux dossiers de divergence. La France ne cache pas ses intérêts en Libye et au Sahel et fait tout pour les défendre alors que l’Algérie n’est pas prête à lâcher son rôle régional dans ces deux zones perturbées. Toutefois, les règles internationales obligent de coopérer avec moins de dégâts possibles. Ainsi, ces deux dossiers s’ajoutent aux autres points qui constituent le malaise dans les relations algéro-françaises. Même ci sur le plan diplomatique, Alger évite d’entrer en confrontation directe avec Paris et pourtant les dérapages ne manquent pas de la part de quelques responsables français, dont le dernier est les paroles tenues par le chef de la diplomatie française, Alain Juppé. Ce dernier avait déclaré sur radio RTL que l’Algérie «a eu une attitude ambiguë» sur la Libye. Il a également regretté qu’Alger ne reconnaisse pas le Conseil national de transition (CNT), organe politique des rebelles libyens avant d’ajouter : «Je suis allé moi-même en parler au président Bouteflika qui m’avait assuré que l’Algérie ne donnait à la Libye qu’une aide humanitaire. J’espère que cela se vérifiera». Donc, pour Paris, Alger doit lui rendre des comptes, comme si on croit toujours à la fameuse imagination d’une Algérie française «50 ans après l’indépendance». Invité de la radio française Europe 1, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a démenti l’information sur des tractations en vue de permettre l’accueil de Kaddafi à Alger. «Jamais l’hypothèse n’a été examinée chez nous que Kaddafi pourrait venir frapper à notre porte», a-t-il affirmé. «L’Algérie n’ira pas à l’encontre de la volonté internationale de régler le problème libyen. L’Algérie ne prendra jamais partie pour Kaddafi», a-t-il assuré. Mais, ce n’est pas fini, car la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH) a condamné, dimanche dans un communiqué, «l’ingérence» française en Libye, la qualifiant d’«immorale» dans un pays «dynamité». A ce propos, la même source a ajouté : «Pas plus qu’elle n’avait le droit de les soutenir militairement comme elle l’a fait pendant longtemps, la France n’a pas le droit de combattre elle-même par les armes et par institution internationale interposée, les régimes autoritaires qui existent de par le monde et dont elle avait souvent favorisé l’installation par son influence et les moyens de toutes sortes dont elle dispose». Le communiqué de la commission de Ksentini souligne que «dans ces conditions, l’ingérence française en Libye contre le colonel Kaddafi et son régime est condamnable et immorale (…) surtout qu’il y a été apporté le prétexte de la démocratie contre la dictature et celui de la liberté contre l’arbitraire» affirmant que «ce qui est à la fois inexact et mensonger lorsque l’on sait la détermination avec laquelle la France continue à combattre la liberté des peuples comme en Palestine et au Sahara occidental et à quel point la démocratie intéresse peu ce pays quand il s’agit des autres». La CNCPPDH estime que par rapport aux Arabes, en général, et au Maghreb, en particulier, «la France se comporte comme un Etat de droite et non pas comme un Etat de droit comme s’emploient à le faire croire certains officiels, toute la politique africaine et moyen-orientale de ce pays étant déterminée par cette réalité incontournable et dont il est de notre devoir de tenir compte». Pour rappel , l’Algérie était à Paris à la conférence des «amis de la Libye». Une conférence qui a permis à l’Algérie de réaffirmer sa position sur le conflit en Libye, partagée désormais par nombre d’acteurs internationaux, avait déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci.

Par Nacera Chenafi