Liasses truquées, faux acheteurs et blanchiment… un réseau d’escroquerie automobile démantelé

Sept personnes ont été arrêtées après le coup de filet mené par les services de la Sûreté nationale contre une organisation criminelle aux ramifications interwilayas. Spécialisée dans les transactions automobiles frauduleuses, cette structure a été neutralisée avec, à la clé, la récupération de 2 milliards 660 millions 770 mille centimes en monnaie nationale et la saisie de quatre véhicules issus du produit de ses activités.
L’affaire met en lumière une forme d’arnaque redoutablement efficace, qui prospère sur un marché où les paiements en espèces restent la norme. Les enquêteurs décrivent une organisation rodée, dotée d’une véritable division du travail et capable d’opérer sur plusieurs wilayas à la fois.
Un réseau d’escroquerie structuré en deux cellules à Oran et Tlemcen
Selon les éléments recueillis par les services de sécurité, l’organisation fonctionnait à partir de deux pôles distincts mais coordonnés. Une première équipe agissait depuis Oran, tandis qu’une seconde couvrait le territoire de Tlemcen. Cette répartition géographique permettait aux membres du groupe de multiplier les cibles et de brouiller les pistes après chaque opération.
L’ouest du pays est régulièrement le théâtre d’opérations de ce type. Les enquêteurs de la région avaient déjà mis au jour un vaste montage de blanchiment d’argent adossé à 33 sociétés écrans, preuve que la criminalité financière y adopte des formes de plus en plus élaborées.
Les victimes, elles, étaient sélectionnées parmi les particuliers cherchant à céder ou à acquérir une voiture. Un profil idéal pour les escrocs : des sommes importantes, une transaction rapide et, souvent, aucun intermédiaire bancaire.
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La ruse des liasses truquées au cœur de l’escroquerie sur les véhicules
Le mode opératoire repose sur un trucage visuel d’une simplicité déconcertante. Devant leurs interlocuteurs, les membres du réseau exhibaient d’épaisses liasses de billets. En surface, sur le dessus comme sur le dessous, apparaissaient des coupures de 2000 dinars. Le cœur de la liasse, lui, était garni de billets de 1000 dinars.
Le résultat est mathématique : la victime croyait encaisser le double de ce qu’elle recevait réellement. Le temps que la supercherie soit découverte, les faux acheteurs avaient déjà disparu avec le véhicule ou la différence. Ce procédé rappelle, dans son principe, les affaires de monnaie falsifiée traitées par les services de sécurité, à l’image de ce réseau de contrefaçon de billets démantelé à Chlef.
Sur le terrain, l’automobile concentre décidément les convoitises. Les services de sécurité ont eu à traiter plusieurs dossiers de vol de voitures et de camions en stationnement, signe que ce secteur reste une cible privilégiée du crime organisé.
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Des gains recyclés dans l’immobilier et les biens mobiliers
L’enquête ne s’est pas arrêtée à l’escroquerie elle-même. Les investigations ont établi que les sommes détournées ne dormaient pas : elles étaient réinjectées dans l’achat de biens immobiliers et de biens mobiliers. Une manière classique de donner une apparence légale à des fonds d’origine douteuse.
Cette dimension explique l’ampleur des avoirs récupérés. Le montant saisi, proche de 26,6 millions de dinars, ne représente vraisemblablement qu’une partie des profits accumulés par le réseau d’escroquerie. Les quatre véhicules retrouvés figurent également parmi les acquisitions financées grâce à la fraude.
La traçabilité des fonds est devenue un axe central du travail policier. Dans la capitale, une saisie de 8,4 milliards de centimes liée à un trafic de psychotropes avait illustré cette approche patrimoniale des enquêtes.
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