L’ex-ministre Aoun, des cadres d’Etat et des hommes d’affaires face à une lourde affaire de corruption

L’ex-ministre Aoun, des cadres d’Etat et des hommes d’affaires face à une lourde affaire de corruption
L’ex-ministre de l’Industrie pharmaceutique Ali Aoun

L’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, comparaîtra officiellement devant la justice, aux côtés d’autres accusés, le lundi 2 février 2026. Ils sont impliqué l’affaire connue sous le nom de « corruption d’Imetal ». Sont également poursuivis son fils « M. Aoun », l’homme d’affaires  connu sous le nom de « Nounou Manita », originaire de la wilaya d’Oran, le directeur général de l’entreprise Fondal, S. Noureddine, le PDG du complexe Sider El Hadjar, B. Karim, ainsi que d’autres mis en cause.

Ali Aoun, qui occupait auparavant le poste de président-directeur général du groupe pharmaceutique Saidal, avant d’être promu ministre de l’Industrie pharmaceutique puis ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, est actuellement placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris auprès du média « Echourouk Online ». Cette mesure fait suite à une enquête complémentaire ordonnée par le juge de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, décision confirmée par la chambre d’accusation près la Cour d’Alger après l’appel introduit par l’accusé.

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Procédure judiciaire et enjeux légaux

L’audience, prévue devant la première section du tribunal, concernera l’ancien ministre Ali Aoun ainsi que 25 personnes, entre accusés et témoins. Parmi eux figurent l’homme d’affaires Abdelnour A., connu sous le nom de « Nounou Manita », originaire d’Oran, le fils du ministre M. Aoun, le directeur général de Fondal, S. Noureddine, le PDG de Sider El Hadjar, B. Karim, l’ex-président de la Fédération algérienne de football Charaf-Eddine Amara, l’ancien directeur de l’hôtel El Aurassi, ainsi qu’un concessionnaire automobile représentant une grande marque chinoise sur le marché algérien, A. Ch., ayant bénéficié d’un quota de véhicules en 2023, en plus d’autres accusés.

Il s’agit d’un lourd dossier de corruption portant sur la conclusion de marchés suspects, notamment ceux ayant touché le groupe public des industries métallurgiques, sidérurgiques et sidérales Imetal. Les faits concernent, entre autres, des pratiques de spéculation et de manipulation dans les opérations de vente et d’achat de déchets ferreux et de résidus de cuivre.

De graves chefs d’accusation ont été retenus contre les mis en cause, conformément à la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, notamment l’octroi illégal de marchés, l’obtention d’avantages indus, la dilapidation de deniers publics, l’abus d’influence et l’abus de fonction.

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Enquêtes et décisions judiciaires

Le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier, actuellement procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed, avait ouvert une enquête approfondie sur cette affaire. En juillet 2024, et après avoir entendu l’ensemble des accusés, il avait ordonné une enquête complémentaire supplémentaire au lieu du renvoi direct devant le tribunal, à la suite de l’apparition de nouveaux indices et preuves laissant soupçonner l’implication d’autres responsables.

De son côté, la chambre d’accusation près la cour d’Alger a rendu, le 19 novembre 2024, une décision rejetant la mise en liberté du fils de l’ancien ministre Ali Aoun, de l’homme d’affaires « Nounou Manita », du directeur général de Fondal, S. Noureddine, ainsi que du PDG de Sider El Hadjar, B. Karim. Elle a ainsi confirmé la décision du juge d’instruction ordonnant leur placement en détention provisoire, tout en plaçant d’autres personnes sous contrôle judiciaire, notamment l’ancien président de la Fédération algérienne de football Charaf-Eddine Amara et l’ancien directeur de l’hôtel El Aurassi. La même juridiction a également confirmé l’interdiction de sortie du territoire national, le retrait du passeport et le placement sous contrôle judiciaire du mis en cause A. Ch., directeur général d’un concessionnaire automobile représentant une marque chinoise.

Il convient de rappeler que les services de sécurité conjoints avaient auparavant enquêté sur des faits de corruption liés à la conclusion de marchés suspects entre plusieurs filiales d’Imetal et l’homme d’affaires oranais Nounou Manita, ami du fils du ministre. Plus grave encore, ce dernier s’était rendu en Mauritanie, sans aucune qualité légale l’y autorisant, en compagnie du PDG de Sider El-Hadjar, B. Karim, du directeur général de Fondal, S. Noureddine, et du PDG de l’Entreprise nationale de récupération, K. Miloud, afin d’assister aux travaux de l’Union arabe du fer et de l’acier organisés dans ce pays, où des marchés auraient été conclus.

Ces faits ont été mis au jour à l’issue des investigations approfondies menées par le juge de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed et le procureur de la République actuellement en poste.

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