L’ex-ministre Abdelwahid Temmar condamné à 7 ans pour blanchiment d’argent en Algérie

L’ex-ministre Abdelwahid Temmar condamné à 7 ans pour blanchiment d’argent en Algérie
L’ex-ministre de l’Habitat, Abdelwahid Temmar

Sept ans de réclusion criminelle, une amende d’un million de dinars, et une obligation de verser 100 000 dinars supplémentaires au Trésor public. Le verdict rendu ce lundi par le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed est sans appel pour Abdelwahid Temmar, ancien ministre de l’Habitat. Le président du tribunal a prononcé la peine maximale dans ce dossier de blanchiment d’argent, clôturant ainsi un feuilleton judiciaire particulièrement dense pour le procès de l’ex-premier responsable du secteur de l’habitat en Algérie.

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Quels sont les faits reprochés à Abdelwahid Temmar ?

Poursuivi devant la première chambre du pôle, Abdelwahid Temmar a eu à répondre de plusieurs infractions graves. Les charges retenues contre lui visent le blanchiment d’argent par habitude, ainsi que l’exploitation des facilités offertes par sa fonction dans le cadre d’une activité criminelle organisée. Ces faits sont sanctionnés par l’article 389 bis 2 du code pénal et l’article 42 de la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.

La condamnation aux dommages et intérêts, fixée à 100 000 dinars versés directement à la Trésorerie publique, traduit la reconnaissance d’un préjudice financier causé à l’État. Une décision qui s’inscrit dans la droite ligne des réquisitions formulées par le parquet lors des audiences précédentes.

Une affaire née d’un voyage en Espagne et d’un compte bancaire suspect

À l’origine de ce dossier, une série d’éléments troublants avaient attiré l’attention des enquêteurs. Selon les informations révélées lors de la comparution de Temmar devant le pôle en mai dernier, l’affaire a démarré autour d’une autorisation parentale signée pour permettre à son fils mineur de se rendre en Espagne. Un notaire s’était déplacé jusqu’à la prison de Koléa, où l’ex-ministre était alors incarcéré, pour finaliser le document. Ce détail avait éveillé les soupçons des autorités judiciaires.

S’y ajoutaient des présomptions de biens immobiliers détenus en Espagne, destination du voyage du mineur. Lors de son audition, Temmar avait nié toute implication, affirmant ne posséder aucun compte bancaire à l’étranger et n’avoir signé aucune procuration en ce sens. Ces dénégations n’ont pas convaincu le tribunal.

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Un casier judiciaire déjà chargé avant ce verdict

Ce jugement ne constitue pas une première confrontation de l’ex-ministre avec la justice. Condamné antérieurement à trois ans de prison ferme par la dixième chambre pénale de la Cour d’Alger, une décision confirmée par la Cour suprême, il avait été poursuivi à l’époque pour des faits remontant à son passage comme wali de Mostaganem. Il lui était reproché d’avoir accordé des autorisations illégales pour l’aménagement de camps d’été sur des terrains forestiers, en plus d’abus de fonction et de fausse déclaration de patrimoine.

La nouvelle affaire avait donc surgi alors que cette première peine touchait à sa fin. Le parquet avait requis dix ans de prison ferme lors des réquisitions, assortis d’une amende de 8 millions de dinars et de la confiscation de l’ensemble des biens saisis. Le tribunal a finalement retenu une peine de sept ans, inférieure aux demandes du ministère public, mais néanmoins sévère.

Le pôle de Sidi M’hamed, fer de lance de la lutte anticorruption

Ce verdict s’inscrit dans une série de décisions marquantes rendues par le pôle pénal économique et financier. En décembre 2025, la même juridiction avait infligé jusqu’à 15 ans de prison ferme dans le scandale Imetal, impliquant le groupe public des industries métallurgiques. Ces condamnations successives illustrent la volonté des autorités judiciaires de frapper fort face aux infractions économiques et financières.

Par ailleurs, un autre dossier impliquant un homonyme, Abdelhamid Temmar, ancien ministre des Participations, reste pendant devant le même pôle. Actuellement en fuite et visé par un mandat d’arrêt international, cet ex-responsable est au cœur d’une affaire de privatisation controversée portant sur des actifs évalués à plusieurs dizaines de milliards de dinars.

La multiplication des affaires traitées par le pôle de Sidi M’hamed confirme son rôle central dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption financière. Pour Abdelwahid Temmar, la sentence prononcée ce lundi marque une nouvelle étape d’un parcours judiciaire qui aura duré plusieurs années.

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