L’ex-avocate Latifa Dib condamnée à 4 ans de prison ferme

L’ex-avocate Latifa Dib condamnée à 4 ans de prison ferme
Un post facebook conduit l’avocate radiée Latifa Dib vers la prison

Quatre ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende. C’est la peine prononcée ce lundi 9 juin par le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed à l’encontre de Latifa Dib, ancienne avocate radiée du barreau d’Alger, a-t-on appris du média « Echourouk ». Elle est poursuivie pour diffusion de publications portant atteinte à l’intérêt national et aux symboles de la République algérienne. Un verdict sévère, quoique en retrait par rapport aux réquisitions du parquet.

La semaine précédente, le procureur de la République près la même juridiction avait réclamé une peine de 5 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 500 000 dinars. Le tribunal a finalement tranché en deçà de ces demandes, sans pour autant accorder la moindre clémence à la prévenue, placée en détention depuis le 2 juin dernier.

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Un post facebook met l’avocate radiée derrière les barreaux

Selon la même sourcé, les faits incriminés portent sur une publication diffusée par l’intéressée sur sa page Facebook. Selon l’acte d’accusation, ce contenu était de nature à nuire à l’intérêt national et à porter atteinte aux symboles de la République, notamment par l’utilisation de photos du président de la République Abdelmadjid Tebboune et du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.

Devant le juge du fond, Latifa Dib a rejeté en bloc l’ensemble des charges. Sa défense reposait sur une explication précise : la publication en question constituait, selon elle, un message codé adressé à des individus qu’elle qualifiait d' »ennemis », des personnes qui auraient cherché à ternir sa réputation et à la menacer physiquement. Elle a affirmé n’avoir jamais eu l’intention de s’en prendre à une institution ou à un responsable de l’État.

Sur la question des photos des hauts responsables, sa réponse a été directe. Publier leurs images relevait, selon elle, d’une pratique habituelle dans ses activités sur les réseaux sociaux, motivée par le respect et la recherche de protection, en sa qualité de fille de moudjahid et petite-fille de chahid.

Une plaidoirie en larmes, un verdict sans appel

Le moment le plus marquant de l’audience du 8 juin restera sans doute la prise de parole finale de la prévenue. Visiblement éprouvée par une semaine passée en cellule, le visage blême, Latifa Dib a imploré le tribunal de la relaxer. Elle a réaffirmé son soutien indéfectible au président Tebboune et au général d’Armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’ANP, ajoutant que « l’intérêt supérieur de la patrie est pour elle une ligne rouge ».

Ces déclarations n’ont pas infléchi la décision du tribunal. La condamnation à 4 ans de prison ferme a été prononcée, confirmant le placement en détention à la prison de Koléa, où elle se trouvait depuis son incarcération début juin.

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Un profil déjà sanctionné avant les poursuites pénales

Le parcours judiciaire de Latifa Dib ne commence pas avec cette affaire. Avant même son arrestation, l’Ordre des avocats d’Alger avait prononcé sa radiation du tableau de la profession, en raison de publications jugées contraires à la déontologie et aux dispositions légales en vigueur. C’est donc en tant qu’ex-avocate qu’elle a comparu devant la justice pénale.

Son placement en détention provisoire avait été ordonné le 2 juin par le juge d’instruction près le même tribunal, qui avait simultanément renvoyé l’affaire au 8 juin pour jugement. La lourde peine requise par le parquet avait déjà suscité une attention particulière, dans un contexte où les poursuites liées aux contenus publiés sur les réseaux sociaux se multiplient en Algérie.

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