L´Europe entre les principes et les intérêts particuliers

L´Europe entre les principes et les intérêts particuliers
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La France a mené campagne pour qu´aucune clause sur l´exploitation des richesses naturelles du Sahara occidental ne soit mentionnée dans le futur accord de pêche que les « 27 » doivent conclure avec le Maroc, d´ici la fin du mois courant au Maroc.

Ses raisons sont connues. Elles sont essentiellement d´ordre politique et géostratégique. Les gouvernements de la droite française sont opposés à l´autodétermination des populations de l´ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc depuis 1975 et ont tout fait depuis pour bloquer le processus de décolonisation dans cette dernière colonie d´Afrique. Concrètement, Paris ne veut pas d´un futur état hispanophone qui viendrait casser la logique géostratégique de l´ensemble francophone qui s´étend du Maroc au Rwanda.

L´Espagne a fait du coude-à-coude avec la France pour que soit évacuée toute référence à son ancienne colonie. Ses raisons sont différentes. Elles sont essentiellement économiques puisque le futur accord comme celui qui vient à expiration le 29 février prochain permettra aux pêcheurs espagnols de rafler 100 des 119 licences de pêche que concèdera le gouvernement marocain en contrepartie d´une somme dépassant les 36 millions d´euros/an. Pour l´intérêt des chalutiers espagnols, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero avait fermé les yeux sur l´origine sahraouie. Madrid savait pourtant que les pêcheurs espagnols surexploitaient les fonds marins du Sahara, sans que le fruit de cette richesse profite aux populations sahraouies des territoires occupés.

Les deux pays ont été interpellés sur leur position qui sort du cadre de la légalité internationale Le ministre espagnol de l´agriculture avait été interpellé par les eurodéputés qui comme José Bové ont menacé de saisir la Cour de Justice Européenne si les « 27 » signait un tel accord préjudiciable aux intérêts du peuple sahraoui sur lequel le Maroc n´a aucun droit de souveraineté, par conséquent pas de droit de disposition des richesses naturelles du territoire qu´il occupe illégalement. Les pressions des euro-parlementaires sur les gouvernements de Paris et de Madrid semblent aboutir de l´avis même du ministre espagnol de l´Agriculture la Commission européenne a donne instruction à ses experts de « tenir compte des intérêts » du peuple sahraoui, dans la conclusion du contrat commercial de pêche avec le Maroc. La formule reste encore assez vague, car elle, fait mention du seul aspect économique ou commercial, pas politique en ne faisant pas clairement état du statut de territoire non autonome auquel s´applique l´accord. Une observation de taille a été faite mardi au Sénat espagnol par un parlementaire basque : Les « 27 » ont signé un accord commercial avec Israël excluant les produits agricoles de Gaza et de Cisjordanie vendus sous étiquette israélienne, pourquoi donc une telle clause ne serait pas valable pour les Sahraouis écoulés sur le marché européen sous identité marocaine. José Bové avait fait observer, au début du mois à Bruxelles, que les Etats-Unis ont signé, il ya quelques années, un accord de libre-échange avec le Maroc excluant clairement le Sahara occidental de cet accord. Pour Washington, il n´ya pas de confusion possible entre les principes de droit et les affaires. Les pays du Nord de l´Europe, les pays scandinaves surtout, mais aussi l´Allemagne, le Royaume-Uni et la Hollande ont adopté une position identique. Pas la France, ni l´Espagne qui foulent aux pieds les principes et la légalité internationale s´agissant de leurs intérêts particuliers.

B. H.