La fièvre du change n’a pas dit son dernier mot à Alger. Après plusieurs semaines d’accalmie relative, la monnaie européenne repart à la hausse. Ce jeudi 9 avril, le Square Port-Saïd affiche un nouveau sommet pour l’euro, creusant un fossé vertigineux avec le cours réglementé de la Banque d’Algérie.
Taux de change euro : 100 € valent 28 050 dinars sur le marché noir des devises ce 09/04
Ce jeudi 9 avril, les cambistes du Square Port-Saïd proposent l’euro à 280,5 dinars à la vente et 279 dinars à l’achat. La progression par rapport à la veille (279,5 dinars) reste modeste, mais elle confirme l’ancrage de la monnaie unique au-dessus du seuil des 280 dinars.
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Ainsi, un billet de 100 euros s’échange désormais contre 28 050 dinars dans les principales officines informelles de la capitale. Une somme qui donne la mesure de l’érosion du pouvoir d’achat face aux devises fortes.
Pendant ce temps, la Banque d’Algérie affiche un euro officiel à 154,3268 dinars. L’écart entre les deux circuits atteint plus de 126 dinars par euro, soit un différentiel qui dépasse les 80 %.
Le dollar suit le mouvement sans s’emballer : 238,5 DA sur le marché parallèle
Sur le marché parallèle, le dollar suit la cadence sans connaître la même fièvre. Il s’échange autour de 238,5 dinars, contre 238 dinars en début de semaine et environ 235 dinars à la fin du mois de février.
Rien de comparable avec l’emballement de l’euro, mais la tendance reste nette, le dollar progresse lui aussi, porté par une demande stable.
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Sur le marché officiel, la Banque d’Algérie le fixe à 132,3500 dinars, en très léger repli par rapport à la veille (132,81 dinars). Un ajustement technique sans lien direct avec l’animation du marché noir.
En conclusion, derrière ces chiffre se cache un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de devises, notamment de l’euro. La demande reste soutenue (importateurs de cabas, acheteurs de voitures, particuliers) tandis que l’offre stagne. Résultat, une pression continue sur le dinar et une hausse mécanique de l’euro.
En une semaine, le billet de 100 euros a grimpé de 250 dinars. Une progression qui pèse directement sur les prix des produits importés et sur le pouvoir d’achat local. Tant que l’équation restera la même, le Square Port-Saïd continuera d’écrire ses propres règles.
