Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a accordé ce mardi soir une audience à l’ambassadeur du Royaume d’Espagne en Algérie, Ramiro Fernández Bachiller. Fait notable : c’est le diplomate espagnol qui a sollicité cette rencontre. Un détail révélateur de l’intérêt croissant que Madrid porte au marché algérien des infrastructures, dans un contexte de rapprochement bilatéral soutenu entre les deux capitales.
Les deux hommes ont consacré leur entretien à un bilan approfondi de la coopération bilatérale dans le secteur des travaux publics. Loin des généralités diplomatiques, les échanges ont porté sur l’état réel du partenariat et, surtout, sur les leviers concrets pour l’élever à un niveau supérieur.
La volonté affichée des deux parties est claire : faire correspondre l’ambition du partenariat au véritable potentiel économique que représentent l’Algérie et l’Espagne, deux nations liées par une géographie commune et des intérêts structurellement imbriqués. Cette rencontre s’inscrit dans une séquence diplomatique dense, où chaque ministère algérien semble désormais constituer une étape incontournable pour la diplomatie économique espagnole.
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Transfert de savoir-faire et bureaux d’études : le cœur du projet commun
Au-delà des déclarations d’intention, Djellaoui et son interlocuteur ont mis le doigt sur un axe précis : le rapprochement entre l’ensemble des acteurs techniques, des cabinets d’ingénierie aux sociétés de construction de pointe des deux pays. L’objectif n’est pas simplement de signer des contrats, mais de construire une dynamique durable d’échange d’expertises.
Le transfert de savoir-faire figure en bonne place dans cette feuille de route esquissée. Lancer des chantiers d’envergure et de haute technicité, capables de soutenir le développement économique et social algérien tout en servant les intérêts mutuels des deux nations : voilà ce que les deux parties ont mis en avant comme horizon commun. Une approche qui tranche avec les coopérations purement commerciales d’antan.
La coordination entre les acteurs techniques des deux pays devrait ainsi se renforcer, avec à la clé des projets structurants dont les contours restent à préciser dans les prochaines échéances bilatérales.
Une dynamique algéro-espagnole qui dépasse largement les infrastructures
Cette audience au ministère des Travaux publics n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une offensive diplomatique et économique espagnole méthodique, engagée depuis la normalisation des relations entre Alger et Madrid après la période de tensions déclenchée en 2022. Depuis, les contacts se multiplient à tous les niveaux.
En février dernier, les chefs de la diplomatie des deux pays s’étaient retrouvés à Madrid pour remettre leur relation sur les rails et préparer la 8e session de la Réunion de haut niveau algéro-espagnole. En avril, le Conseil pour le renouveau économique algérien (CREA) et le patronat espagnol avaient signé un mémorandum d’entente, ouvrant la voie à un forum économique algéro-espagnol à Madrid et à la création d’un conseil d’affaires bilatéral. Les secteurs identifiés comme prioritaires à cette occasion couvraient déjà l’énergie, la gestion de l’eau et les infrastructures.
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