Les victimes d’erreurs médicales organisent aujourd’hui un sit-in devant la présidence de la République à El Mouradia, pour demander au chef de l’Etat d’intervenir dans la régularisation de leur situation à travers une prise en charge effective.
Cette action de protestation est la deuxième du genre, après celle organisée récemment dans la capitale.
Selon le porte-parole de cette frange de la société, Mahieddine Abou Bakr, l’indifférence affichée par les pouvoirs publics et la partialité des magistrats en faveur des médecins a encouragé les contestataires à investir la rue.
Contactée hier par le Temps d’Algérie, la même source a fait savoir que les manifestants soumettront une correspondance au président de la République pour le tenir informé en vue d’intervenir pour leur trouver une solution favorable.
Les victimes exigent l’installation d’un comité national autonome chargé de la prise en charge de leurs doléances. Ils appellent, par ailleurs, le ministre de la Justice à donner instruction aux magistrats de réceptionner les requêtes des victimes des erreurs médicales.
M. Mahieddine Abou Bakr a affirmé que cette manifestation verra une forte mobilisation, notamment des enfants, des femmes, des jeunes et des vieux ayant subi «les conséquences des incompétences de spécialistes de la santé.»
La même source rappelle que le conseil de l’Ordre des médecins déclare avoir enregistré 650 plaintes introduites par des victimes de 2004 à aujourd’hui, dont 100 personnes ont décidé d’ester en justice «les coupables» afin de demander une indemnisation.
M. Abd Nacer Ouarghi, président de la commission nationale pour la défense des victimes des erreurs médicales évoque 500 cas enregistrés annuellement. Le même chiffre est avancé par le Pr Mustapha Khiati, président de l’organisme pour la promotion de la santé et qui a appelé le ministère de la Santé à ouvrir une enquête judiciaire sur le phénomène qui prend une ampleur inquiétante.
Les victimes en question dénoncent la lenteur des procédures judiciaires, qui ne prennent pas en considération les conséquences néfastes engendrées, dont des handicaps graves, voire des décès.
Il y a lieu de rappeler le scandale de l’hôpital de Beni Messous, suite à l’administration d’un traitement spécifique aux cancéreux et qui a fait perdre la vue à 13 personnes. La deuxième affaire qui reste en suspens est celle de la mort des sept nourrissons à l’hôpital de Mascara après l’injection de vaccins périmés.
Adel R.