Troisième jour de grève des robes noires. Les avocats algériens ont entamé mardi 25 octobre une grève nationale pour protester contre un projet de statut limitant qui porte atteinte à l’indépendance de la défense.
Cette démonstration de force est la seconde depuis la grève du 22 juin dernier.
La grève, lancée à l’appel de l’Union nationale des barreaux d’Algérie qui regroupe 15 barreaux, doit prendre fin ce jeudi 27 octobre.
Plusieurs procès prévus ont du être renvoyés à une date ultérieure, notamment dans la capitale alors que quelque 10 000 affaires ont été ajournées en raison de la paralysie des tribunaux et des cours à travers le territoire national
Les avocats au nombre de 30 000 dont 5 000 dans la capitale protestent contre ce projet de loi jugé liberticide par la profession.
Le texte permet notamment au juge d’empêcher un avocat de plaider et de le renvoyer devant le conseil de discipline s’il juge que sa plaidoirie perturbe l’audience, selon des avocats.
« Ce projet a été confectionné au moment où l’on voulait mettre au pas la défense. C’est un projet qui veut museler la défense, cadenasser les libertés et les droits de la défense. C’est extrêmement grave pour notre pays, notre peuple et notre justice », explique Me Selini, bâtonnier d’Alger, au quotidien El Watan.
Nourdine Benissad, membre du conseil de l’ordre des avocats de la région d’Alger, détaillait à DNA les reproches faits à ce texte. « Il y a une volonté à travers ce texte de porter atteinte aux droits de la défense et de l’indépendance du barreau vis à vis du pouvoir exécutif. Nous avons recensé 42 articles où le terme ministre ainsi que 7 articles où le terme ministère sont utilisés et qui ont de véritables interférences depuis l’admission jusqu’aux conditions d’exercice de la profession d’avocat alors que la profession d’avocat est censée être une profession libérale et indépendante. Certaines dispositions sont une épée de Damoclès sur la tète de l’avocat qui attentent à la libre plaidoirie et à la liberté d’expression.»
Les avocats avaient déjà manifesté le 22 juin dernier à Alger pour demander le retrait de ce texte présenté par le ministre de la justice Tayeb Bélaïz devant la commission des affaires juridiques de l’Assemblée nationale,