La grève de huit jours des travailleurs communaux, entamée hier à travers le pays, n’a pas eu l’écho favorable escompté. Et pour cause, le mot d’ordre de grève a été partiellement suivi.
Le Conseil national du secteur des communaux (CNSC), affilié au Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) peine encore à mobiliser ses troupes. Ali Yahia, porte-parole du CNSC parle plutôt d’un taux de suivi avoisinant les 80%. Ce syndicaliste a indiqué que les estimations partielles du débrayage effectuées à la mi-journée font état de taux de suivi «plus ou moins appréciables», même si la mobilisation n’était que «partielle». «Au premier jour de grève, quelque
1 000 communes ont été paralysées», estime Ali Yahia. La mobilisation a ainsi été plus forte dans certaines wilayas que dans d’autres. A Sétif, Tizi Ouzou, Bouira ou encore Béjaïa, par exemple, le taux de suivi oscille entre 90 et 100% selon les localités. D’autres régions ont néanmoins connu un engouement moindre. A Alger, la grève n’a pas été suivie par les agents communaux. A 11h, rien n’indiquait, du moins dans les APC qu’on a pu visiter, que les travailleurs observaient une grève. Les services d’état civil fonctionnent normalement. A la commune d’El Madania, les préposés aux guichets, qu’on a pu interroger, affirment ignorer l’appel à la grève lancé par le CNSC. Les travailleurs parlent plutôt d’un débrayage pour le 25 du mois en cours. Et c’est la fédération des travailleurs des communes affiliée à l’UGTA, qui a lancé cet appel. «La plupart des travailleurs sont structurés au sein de l’UGTA», dit un fonctionnaire. Idem pour l’APC de Sidi M’hamed, où les travailleurs assuraient normalement le service. Les citoyens se font délivrer leurs documents administratifs, malgré la bousculade et les files interminables. «Je ne sais rien de cette grève. On ne nous a pas informés. En tout cas, notre syndicat n’a rien annoncé», affirme un préposé au guichet, adhérent à la fédération de l’UGTA. Ce dernier n’a pas manqué d’exprimer sa solidarité avec les autres travailleurs grévistes. «Leur grève est légitime. Les travailleurs des communes restent le seul corps de la Fonction publique qui n’ont pas bénéficié des augmentations salariales, et ce, en dépit de notre pouvoir d’achat qui ne cesse de dégringoler», déplore-t-il. Le constat est le même à l’APC d’Alger-centre où les services d’état civil ont été assurés. Dans certaines communes, à l’instar de Chéraga, Rouiba, Bordj El Kiffan, Baba H’ssen, il a atteint les 100%. Pour l’ensemble de la wilaya, le taux de suivi n’est toutefois que de 20%, évalue Ali Yahia. «Seulement, nous nous attendons à une nette augmentation du taux de mobilisation les jours à venir», dit-il. L’interlocuteur a tenu à préciser qu’il y a eu des travailleurs qui ont subi des pressions de la part de certains responsables «afin de ne pas rejoindre ce mouvement de grève». «Ces pratiques violent l’article 57 de la Constitution qui stipule que le droit de grève est reconnu et s’exerce dans le cadre de la loi», dit-il. Ce denier déplore par ailleurs le silence du ministère de l’Intérieur à propos de leur plate-forme de revendications. «Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune réponse à nos doléances, à part les menaces et les intimidations», s’attriste-t-il. Les huit jours de grève seront clôturés par un rassemblement des délégués syndicaux du CNSC à Alger le 26 septembre. Dans leur plate-forme de revendications, les travailleurs communaux exigent la revalorisation du point indiciaire, la promulgation du régime indemnitaire, l’abrogation de l’article 87 bis de la loi 90-11, le maintien de la retraite sans condition d’âge, l’intégration des contractuels, le respect des libertés syndicales et le droit de grève.
Par Hocine Larabi
