Les titres de séjour coûteront plus cher : la France alourdit la facture en 2026

Les titres de séjour coûteront plus cher : la France alourdit la facture en 2026
Premières demandes, renouvellements, régularisations : les étrangers devront payer plus cher pour rester en règle en France.

Obtenir un titre de séjour en France coûtera bientôt plus cher. Suite à l’adoption définitive du budget 2026 en ce début du mois de février, Paris a décidé une révision à la hausse des frais applicables aux ressortissants étrangers, incluant de nouvelles taxes de délivrance.

Malgré des tarifs déjà parmi les plus hauts d’Europe, la France s’apprête à augmenter à nouveau le coût des titres de séjour. Ce projet de loi de finances 2026, adopté lundi 2 février par le Parlement sous couvert « d’harmonisation européenne », est dénoncé par la Cimade.

L’association souligne l’absurdité de cette hausse face à une administration qu’elle juge incapable d’assurer correctement l’instruction des dossiers.

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Les titres de séjour en France coûteront plus cher en 2026

Le budget 2026 introduit une réforme fiscale majeure pour les ressortissants étrangers, combinant une revalorisation drastique des taxes actuelles et la création de nouveaux prélèvements. La taxe principale pour une première demande de titre de séjour subit une augmentation de 50 %, passant de 200 à 300 euros. Pour les personnes en situation de régularisation n’ayant pas de visa, une taxe supplémentaire de 300 euros est appliquée. À noter qu’une fraction de cette somme, soit 100 euros, est désormais exigée dès le dépôt du dossier et reste définitivement acquise à l’État, même si la demande est finalement rejetée.

L’une des nouveautés les plus marquantes concerne les autorisations provisoires de séjour (APS), jusqu’alors délivrées gratuitement. Désormais, l’obtention de ce document précaire, souvent accordé pour des situations humanitaires comme celle des parents d’enfants malades, coûtera 100 euros. En parallèle, les frais de dossier liés à l’instruction administrative, matérialisés par le droit de timbre, doublent pour atteindre 50 euros contre 25 euros auparavant.

Au total, le coût cumulé pour un premier titre de séjour d’un an peut atteindre la somme de 650 euros. Cette charge financière ne s’arrête pas à la première année, puisque le renouvellement du titre impose ensuite le paiement d’une nouvelle taxe fixée à 200 euros. Cette accumulation de frais place la France parmi les pays imposant les barrières financières les plus lourdes pour l’accès au séjour légal.

La Cimade dénonce « de réels freins à la régularisation »

La Cimade dénonce des « taxes exorbitantes » qui frappent des communautés déjà précaires. L’absence d’exonération ou d’échelonnement empêche de nombreuses personnes d’obtenir leur titre, malgré un avis favorable de la préfecture. Ce coût élevé est d’autant plus injustifié que l’accès à la stabilité recule en France : les cartes de résident de dix ans sont de plus en plus rares, suite au durcissement des conditions imposées par la loi de Darmanin de 2024.

Entre plateformes numériques saturées, délais interminables et décisions arbitraires, les étrangers font face à un véritable chaos qui fragilise leur situation. Pour l’association, la combinaison de tarifs très élevés et de dysfonctionnements administratifs entrave délibérément la régularisation.

Enfin, la Cimade fustige une politique globale de stigmatisation. En cumulant la hausse des taxes et la suppression des APL pour les étudiants étrangers non boursiers, la France s’enfonce dans une « logique discriminatoire » qui aggrave l’exclusion de ceux qui remplissent pourtant les conditions légales de séjour.

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