Les syndicats autonomes de la Santé claquent la porte au nez du ministre Ould Abbes

Les syndicats autonomes de la Santé claquent la porte au nez du ministre Ould Abbes
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Les syndicats autonomes de la santé ont claqué vendredi 4 février 2011 la porte de la première Conférence nationale sur la Santé, dont les travaux ont débuté deux jours auparavant ai Palais des Nations du Club des Pins, dans la banlieue ouest d’Alger.

Les cinq syndicats en question, à savoir le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), le Syndicat des hospitalo-universitaires et le Syndicat national des maîtres assistants en sciences médicales (SNMASM), ont ainsi exprimé leur mécontentement sur la méthode de travail élaborée par le ministère de la Santé, Djamel Ould Abbes, voulant « bâcler » les travaux de cette importante conférence.



Ils ont motivé leur retrait par le fait que le projet de loi sur la Santé « aurait du être soumis, avant son élaboration, à la concertation des syndicats et associations » du secteur de la santé.

S’exprimant dans une conférence de presse organisée conjointement à Alger, les cinq syndicats ont affirmé ne pas pouvoir « cautionner un travail fait à l’avance par des inconnus ». Ils ont soutenu que le projet de loi ne leur a pas été remis lors de la Conférence afin qu’ils puissent contribuer à son élaboration.

Ils interpellent ainsi le ministre de la Santé afin de revoir ce projet de loi, d’organiser une autre conférence nationale et surtout de transmettre le projet de loi en question aux véritables partenaires sociaux pour une bonne réflexion

Dans ce contexte, le président du syndicat national des spécialistes de la Santé publique (SNPSSP), M. Yousfi Mohamed, a estimé que le projet de loi « doit faire l’objet d’une large diffusion à tous les niveaux compte tenu de sa grande importance », qualifiant le projet de loi de « top secret ».

Il a dans ce sens dénoncé la méthode de travail du ministère s’interrogeant : « Qui est derrière ce projet de loi ? Pourquoi le ministère n’a pas soumis ce projet aux partenaires sociaux et leur donner le temps de le critiquer ? Est-ce qu’ils ont peur des partenaires sociaux ? » Il enchaîne en dénonçant l’exclusion de cette conférence de certains syndicats du secteur, allusion faite au Syndicat algérien des paramédicaux.

Lyes Merabet, président du SNPSP, estime que « cette rencontre est une mascarade », arguant que « la majorité des 1 200 présents lors de cette conférence ne sont pas représentatifs du secteur de la santé ». Et d’ajouter : « On est très déçus par non seulement la démarche entreprise par le ministère de la Santé, mais aussi par le contenu du projet de loi que nous ignorons ». « On ne peut pas et on ne veut pas prendre part à ce rendez-vous médical, surtout lorsqu’il ne répond pas aux espérances de tous les Algériens », a encore martelé M. Merabet.

« Au moment où l’on s’attendait à ce que la tutelle nous soumette le projet de loi pour qu’il soit débattu dans les différents ateliers, on a été surpris de recevoir un questionnaire. Ce qui prouve que tout a été décidé avant, chose que nous dénonçons énergiquement », a-t-il encore affirmé.

Le président du syndicat national des hospitalo-universitaires, M. Djijli Nacerdine a soutenu la même idée, tandis que le président du Conseil de l’Ordre des médecins, M. Bekkat Berkani a estimé lui aussi que les participants à cette Conférence nationale «ne sont pas représentatifs» du corps de la Santé. M. Bekkat a ajouté, en outre, que lors du premier jour des travaux de la Conférence, les représentants des syndicats ayant pris part aux ateliers, ont été invités à «donner seulement leurs avis (…), mais sans pouvoir faire des propositions sur le projet de loi».

Le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, M. Djamel Ould Abbès, avait indiqué récemment que cette Conférence nationale sera consacrée à l’examen du projet de loi sur la Santé, en cours d’élaboration. Il avait précisé que son département procédait actuellement à l’élaboration du projet de loi sur la santé (2011-2030) appelé à remplacer la loi en vigueur «aujourd’hui dépassée».

Le ministre avait indiqué, à cet effet, que la loi sur la santé 85/05 «ne répond plus aux exigences du secteur que ce soit par rapport à l’éthique, au nombre croissant de médecins, à la recherche scientifique ou à la nouvelle carte sanitaire».