Les professionnels du btph revendiquent plus de souplesse et d’actualisation Adapter les cahiers des charges aux mutations du marché

Les professionnels du btph revendiquent plus de souplesse et d’actualisation Adapter les cahiers des charges aux mutations du marché

Logements-construction-algerie-300x225.jpgL’élaboration des cahiers de charges devrait répondre aux mutations du marché de la construction et ne pas contenir des conditions «draconiennes» pour l’attribution de marchés aux entreprises notamment les PME, estiment des professionnels du secteur du BTPH.

Les cahiers des charges des projets «ne sont pas actualisés et adaptés aux mutations du marché de la construction vu qu’ils sont copiés de ceux des années 1970″, a confié à l’APS M.Mohamed El Amine Ali-Turki, responsable commercial à l’Entreprise nationale de granulats (ENG).

Ces documents, élaborés par des maîtres d’ouvrages, n’exigent pas des produits de qualité comme c’est le cas pour le granulat dans la réalisation de différents projets, a-t-il ajouté, en marge du 16éme salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics «Batimatec 2013» qui a pris fin hier.

M. Ali-Turki cite à titre d’exemple l’obligation d’utiliser le sable d’oueds n°4, alors que «les granulats de carrières assurent un meilleur résultat dans la réalisation des constructions».

Ce type de sable ne figure même pas sur la liste des normes algériennes élaborées par l’Institut algérien de normalisation (IANOR), précise le même responsable, ajoutant que toutes les entreprises du BTPH devraient appliquer les normes en vigueur.

Pour sa part, le président de la Confédération générale du patronat du bâtiment et des travaux publics (CGP-BPTH), M. Abdelmadjid Dennouni, a mis en avant la nécessité de réviser les modalités d’attribution des marchés publics.

Pour M. Denouni, les conditions «draconiennes » exigées dans les cahiers des charges des projets du BTPH limitent l’accès à ces marchés à un nombre «très réduit» d’entreprises. Ces conditions empêchent les autres entreprises notamment les PME, au nombre de 24.000 présentes dans ce secteur, à développer leurs activités, a-t-il déploré.

LE TRANSPORT DE GRANULAT COÛTE PLUS QUE SON PRIX

Interrogé par ailleurs sur l’activité de l’ENG, M. Ali-Turki a indiqué que l’entreprise présente dans la région nord du pays, ne disposait pas de moyens pour transporter le granulat notamment vers le sud, a-t-il reconnu.

Le transport de granulat d’une région à une autre coûte jusqu’a deux à trois fois plus que son prix. «Le coût de la prestation de transport des matériaux de construction n’est pas seulement élevé en Algérie mais dans tous les pays du monde», a-t-il noté dans ce sens.

Outre l’ENG, plusieurs entreprises nationales opèrent dans la production du granulat comme Cosider, l’ENOF (entreprise de matériaux non ferreux) et le groupe industriel des ciments (GICA) et comptent des filiales implantées dans différentes régions du pays, a-t-il rappelé. L’ENG produit annuellement plus de 10 millions de tonnes de granulats ce qui représente 20% de parts de marché.

Cette production a baissé durant les deux dernières années de prés de deux millions de tonnes en raison de l’achèvement de la réalisation d’une grande partie de l’autoroute est-ouest et d’autres grands projets, a-t-il précisé.

Mais l’entreprise alimente tout de même les centrales à béton de granulats de «meilleure qualité», tout en assurant la production des quantités requises pour ses clients permanents.

Elle a réalisé durant les trois dernière années la plus grande usine en Algérie de fabrication de sable concassé à El Hachimia (Bouira) avec une production de 1,6 million de tonnes/an de sable conforme aux normes algériennes et européennes, a-t-il indiqué.

La production de carbonate de calcium utilisé notamment dans la fabrication de verre, de caoutchouc, de papier, d’encre, de peinture et de céramique est assurée par l’usine d’El khroub (Constantine).

Cette usine qui produit prés de 200.000 tonnes/ an de cette matière ne satisfait pas complètement les besoins du marché national mais la production va nettement augmenter avec l’installation d’une deuxième ligne de production qui entrera en exploitation d’ici la fin de l’année, a précisé M. Ali-Turki. L’Algérie importe plus de 500.000 tonnes/an de ce produit, selon ce responsable.

L’ENG est chargée de la gestion des activités de production, de commercialisation et de développement des granulats, de carbonate de calcium et de pierres ornementales (marbre).

Elle détient neuf unités de granulats en exploitation réparties sur le territoire national, une unité de pierres ornementales composée de six carrières et d’une usine de sciage, d’une usine de carbonate de calcium et d’un laboratoire central pour le contrôle de la qualité des produits de l’entreprise.

Mehdi F.