Les prix flambent tous azimuts: Les tristes sirènes de l’Aïd

Les prix flambent tous azimuts: Les tristes sirènes de l’Aïd

L’Aïd el Adha et la rentrée scolaire risquent d’être le coup de grâce pour des ménages qui n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts. Ça s’annonce très mal…

Ça flambe de partout! Denrées alimentaires, affaires scolaires, produits cosmétiques, électroménagers…Rien n’échappe à cette envolée des prix qui augmentent au même rythme que le mercure. Même les «parkingeurs» ont affiché de nouveaux tarifs pour cet été 2018 qui s’annonce comme celui de toutes les augmentations.

Il faut dire qu’après les petites augmentations du début de l’année qui a suivi la loi de finances 2018, les prix se sont relativement stabilisés. Même, le mois sacré du Ramadhan a été relativement «clément», mis à part une première semaine de spéculation. Les Algériens pensaient que le plus dur était derrière eux! Mais alors qu’ils se préparaient tranquillement à prendre des vacances bien méritées, ils se voient surpris par un embrasement général des prix. Le pouvoir d’achat bien maigre en prend un sacré coup.

Ils ne peuvent plus tenir! Certains ont même été contraints d’annuler leurs voyages, de l’aveu même des voyagistes et des loueurs de maisons d’été qui sont presque en train de supplier pour «placer» leurs produits. Pourtant, les autres années à pareille période ils affichaient complet! Les vacances sont redevenues un luxe pour la majorité des Algériens.

Ce n’est malheureusement pas la seule chose qu’ils ne peuvent plus se permettre. Les prix de pratiquement tous les produits alimentaires sont en hausse. Le poulet est la star du moment. Il s’est vu pousser des ailes pour s’envoler autour des 500 dinars le kilogramme.

À toutes ces saignées, il faut ajouter les «taxes» d’été que sont les mariages et autres fêtes du baccalauréat ou de diplômes de fin d’études. Les Algériens sont réputés pour être généreux dans ce genre d’occasion. Néanmoins, cette générosité est devenue très limitée au prix où sont les cadeaux les plus banals. «J’évite de me rendre aux fêtes à cause de mon budget qui ne me le permet plus», souligne Rachida, mère de trois enfants. Elle n’est pas la seule dans cette situation qui devient de plus, insupportable. Et encore, le supplice n’est pas fini! L’Aïd el Adha et son fameux mouton pointent le bout des cornes.

Il ne reste encore que 20 jours avant cette fête religieuse, et il semblerait que ce sont les chefs de famille qui seront sacrifiés. Le mouton est actuellement hors de prix! La moyenne tourne autour des 40.000 dinars. Une vraie fortune pour des foyers qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. «Je ne sais plus où donner de la tête. Mon salaire ne me suffit même plus à survivre. Une petite dépense par-ci, une autre par-là, et c’est fini!», se désole Salim, cadre dans une entreprise nationale.

Le sacrifice du mouton constitue l’une des plus grosses dépenses de cet été. «Il va venir nous achever…», poursuit-il avec la même désolation. Le pire dans l’histoire c’est que ce mouton qui coute presque trois fois le salaire national minimum garanti (Snmg), va être accompagné par l’achat des vêtements de l’Aïd et surtout par une autre hausse des prix tous azimuts. Car, en Algérie l’Aïd est synonyme de spéculation sur les prix. On doit donc s’attendre à une nouvelle flambée à la veille de cette fête religieuse. Au prix actuel, une nouvelle augmentation risque de faire très très mal! «J’appréhende vraiment cet Aïd. Il va arriver à la fin du mois, les salaires seront déjà bien entamés, on n’arrive plus rien à économiser.

Cette fin août, je suis sûr que je serai sur les jantes», s’inquiète Fouad, un autre père de famille désespéré. Pour corser le tout, même pas une dizaine de jours après l’Aïd, ça sera le tour de la rentrée des classes! Il faudra bien évidemment acheter les affaires scolaires, qui elles aussi n’ont pas échappé à la flambée, mais aussi les vêtements des enfants.

Certains essayent de profiter des soldes qui sont actuellement en vigueur pour acheter des vêtements deux en un (ils serviront pour l’Aïd et pour la rentrée). Mais, malgré les promotions qui vont jusqu’à 80%, les ventes sont au point mort. Comme l’indiquent les commerçants qui assurent vivre la pire période des soldes qu’ils ont connues. Voilà donc qu’après un été des plus ruineux, l’Aïd el Adha et la rentrée scolaire vont venir apporter le dernier coup de grâce. Ça va faire mal!