Les prix du pétrole ont terminé la séance de ce vendredi en léger recul, mettant fin à la progression enregistrée la veille. Toutefois, sur l’ensemble de la semaine, les deux principales références mondiales affichent encore une hausse.
Le Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a reculé de 0,76 %, s’établissant à 68,10 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison au même mois, a perdu 0,51 %, atteignant 64,27 dollars.
Malgré ce repli quotidien, le Brent progresse de 0,7 % sur la semaine, tandis que le WTI enregistre une hausse d’environ 1,2 %.
Les variations des cours s’expliquent par une combinaison de facteurs. Le marché suit de près la réunion de l’OPEP+, prévue la semaine prochaine. Le groupe de producteurs a récemment accéléré ses hausses de production afin de regagner des parts de marché, augmentant ainsi l’offre mondiale et exerçant une pression sur les prix.
En début de semaine, les cours avaient été soutenus par des attaques ukrainiennes contre les terminaux pétroliers russes, perturbant les perspectives d’exportation de Moscou. Parallèlement, les stocks américains de brut pour la semaine close le 22 août ont montré des prélèvements supérieurs aux attentes, traduisant une demande soutenue dans les secteurs industriels et du transport de marchandises, selon une note d’Ole Hvalbye, analyste chez SEB Bank.
Cependant, la fin attendue de la demande estivale aux États-Unis après le Labor Day lundi, combinée à l’offre accrue des pays de l’OPEP+, a pesé sur les cours en fin de semaine.
Quelles sont les perspectives des analystes?
À plus long terme, certains analystes anticipent une baisse plus marquée des prix. Vivek Dhar, spécialiste des matières premières à la Commonwealth Bank of Australia, estime que les contrats à terme sur le Brent pourraient tomber à 63 dollars le baril au quatrième trimestre 2025.
Les investisseurs surveillent également l’évolution des relations commerciales entre Washington et New Delhi. Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi un doublement des droits de douane sur les importations en provenance d’Inde, désormais portés jusqu’à 50 %, tout en exerçant une pression accrue sur l’Inde pour qu’elle réduise ses achats de pétrole russe.
Jusqu’à présent, l’Inde n’a pas modifié sa position et devrait même augmenter ses importations de brut russe en septembre, selon des opérateurs. « L’opinion dominante est que de nouvelles sanctions contre la Russie ne sont pas imminentes, et que l’Inde ignorera les menaces américaines afin de continuer à bénéficier de prix fortement décotés », a indiqué Tamas Varga, analyste chez PVM Oil Associates.
En résumé, les prix du pétrole ont reculé ce vendredi mais conservent une hausse hebdomadaire : le Brent termine à 68,10 dollars et le WTI à 64,27 dollars. Le marché reste partagé entre une offre en expansion, des tensions géopolitiques persistantes et des perspectives de demande contrastées, dans l’attente de la prochaine réunion de l’OPEP+.