Les parents d’élèves des classes de terminale dénoncent: Quand la «manipulation» fait école

Les parents d’élèves des classes de terminale dénoncent: Quand la «manipulation» fait école
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Au-delà de la crainte légitime suscitée à la veille de cette épreuve décisive pour l’avenir des élèves, parents soupçonnnent une manipulation de la part de certains enseignants qui travailleraient parallèlement dans des écoles privées, et qui voudraient inciter les élèves à prendre des cours de soutien au niveau de ces écoles.

Les élèves des classes terminales des lycées d’Alger-Est et de Boumerdès ne lâchent pas prise. En dépit des assurances du ministère de l’Education, les futurs candidats au baccalauréat sont revenus, hier, à la charge en organisant des sit-in devant l’annexe du ministère de l’Education sise à El-Annasser à Alger et devant la direction de l’éducation de la wilaya de Boumerdès et ailleurs.

Les élèves réitèrent leurs revendications : arrêt des cours le 1er mai prochain, report de date du baccalauréat au 11 juin et la suppression des épreuves des cours du troisième trimestre. Le président de l’Union des associations des parents d’élèves (UNAPE), Khaled Ahmed, a indiqué que «les élèves qui sont en train de manifester sont manipulés par certains enseignants».

Selon lui, «ce n’est pas normal que les élèves décident spontanément de sortir dans la rue. Je sens une manipulation», a-t-il indiqué. M. Khaled, a, par ailleurs, demandé à la tutelle de diligenter une commission d’enquête au niveau des premiers lycées qui ont eu recours à des mouvements de grève».

Il cite, à titre d’exemple, les lycées de la wilaya d’Oran, d’Alger, de Bouira et de Bordj Bou Arréridj. Une commission qui aura pour mission de faire la lumière sur les véritables raisons qui ont abouti à la sortie des élèves dans la rue. Ce syndicaliste estime que «le problème se situe au niveau des élèves, qui disent que des enseignants sont en train de faire des cours accélérés et nous remettent des polycopies pour les lire à la maison». Selon lui, «ces choses sont inadmissibles».

La thèse de manipulation des élèves par des écoles privées a été appuyée par certains enseignants et en même temps parents d’élèves de classes d’examens. Selon l’un d’eux, «des enseignants qui travaillent en parallèle dans des écoles privées incitent les élèves à bouder les cours et déclencher des mouvements de grève et après, ils seront obligés d’aller demander des cours de soutien au niveau de ces écoles privées».

Par ailleurs, Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), joint par téléphone, doute fort qu’il y ait manipulation des élèves. Selon lui, «le malaise existe depuis le début de l’année en cours. Mais le ministère fait toujours la sourde oreille aux revendications des élèves».

M. Meriane estime que «la tutelle doit obligatoirement écouter les élèves et prendre en charge dans les meilleurs délais leurs doléances afin d’éviter toute perturbation, surtout à l’approche des examens». Afin d’en finir avec ces mouvements de grève qui se répètent presque chaque année, le coordinateur du SNAPEST estime qu’il faut en finir avec les réformes du secteur de l’éducation et surtout faire une évaluation de ces dites réformes.

Il faut faire des programmes qui correspondent bien avec le volume horaire des élèves. Si on remarque qu’il y a des cours en plus, il faut les supprimer au début de l’année. Il ne faut surtout pas attendre que les élèves déclenchent des mouvements de grève pour dire qu’on va supprimer des cours du troisième trimestre».

Notons enfin que les élèves de classes terminales d’Alger-Est et de Boumerdès ont observé hier des sit-in au niveau respectivement de l’annexe du ministère de l’Education aux Annasser et devant la direction de l’éducation de la wilaya de Boumerdès. Ils réclament la suppression des leçons prévues pour le troisième trimestre ou la détermination des sujets du baccalauréat sur la base des cours qu’ils viennent de recevoir, l’arrêt des cours le 1er mai et le report de la date du baccalauréat au 11 juin.

Mohammed Zerrouki