Les médecins résidents décideront demain du gel ou de la poursuite de leur grève illimitée

Les médecins résidents décideront demain du gel ou de la poursuite de leur grève illimitée
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Reçus mardi 29 mars par le ministre de la Santé, les délégués de médecins résidents décideront mercredi du gel ou pas de leur mouvement de grève illimitée, a appris DNA auprès d’Amine Benhabib, porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens.

Réunies au siège du ministère, les deux parties, en présence des directeurs généraux des CHU, ont convenues de mettre en place incessamment trois commissions mixtes, ajoute notre interlocuteur.

La première commission devra traiter de la révision du statut particulier du médecin-résident, la seconde concerne le service civil et la dernière se penchera sur les aspects pédagogiques, particulièrement la formation.

Les premières conclusions de ces trois commissions conjointes doivent être présentées dans deux semaines. « Nous espérons que ces commissions seront installées rapidement. Nous comptons ne pas siéger des mois. Nous voulons être rapides et efficaces », souhaite le porte-parole du collectif.

A en croire ce dernier, le ministère de la Santé s’est engagé à défendre les résultats des commissions.

Le salaire de médecins résidents, 8000 sur le territoire national, est plafonné à 32 000 dinars (320 euros) alors que le salaire minimum garanti est de 15 000 dinars (150 euros).

Demain mercredi, les délégués des médecins des résidents, décideront, après consultation de la base estudiantine, de suspendre ou pas le mouvement de grève.

« Nous allons tenir des assemblées générales aujourd’hui ( mardi ) et demain au niveau de tous les CHU du pays pour informer notre base des résultats de la réunion d’aujourd’hui. Nous rendrons publique notre décision demain. Je dois préciser qu’il sera question de geler notre mouvement de grève et non de l’arrêter », affirme M. Benhabib.

Au sortir de la réunion, Ould Abbes, ministre de la Santé , cité par l’agence officielle APS, estime qu’il voyait mal les médecins résidents poursuivre leur grève du moment que « toutes leurs doléances » ont trouvé un écho.

Le service civil dont les blouses banches réclament l’abrogation depuis plus d’un mois, était « adossé à quatre textes juridiques qui doivent être revus de manière consensuelle et dans l’intérêt du malade et des praticiens », argue le ministre.

Concernant, le service militaire, il affirme que son département « n’avait pas le droit de toucher à l’article 84 de la Constitution relatif à ce volet ». « Le service civil pourrait faire l’objet de discussions, mais pas le service militaire », tranche le ministre pour qui les doléances des médecins demeurent « légitimes ».

Contrairement à ce que suggère le ministre de tutelle, les médecins résidents n’ont jamais revendiqué l’abrogation du service militaire

Ould Abbes a invité 22 délégués présents à la réunion à formuler leurs propositions à l’occasion des réunions des trois commissions mixtes.

Selon M. Benhabib, la grève illimitée a été largement suivie en son second jour dans les hôpitaux du pays.

Dans leur plate-forme de revendications, soumise aux deux ministères de tutelle, les blouses blanches réclament l’abrogation du service civil obligatoire auquel ils sont soumis durant une période allant de 1 à 4 ans, la mise en place d’un plan de carrière, l’ouverture de postes budgétaires et un relèvement de leurs salaires.

Ils demandent en outre la révision du l’actuel statut qui devrait leur assurer un droit syndical, des congés de maternités pour les résidentes et des primes de contagion et de risque.

Le Premier ministre s’était plaint l’an dernier du déficit de médecins spécialistes dans plusieurs wilayas du pays. Il avait annoncé un doublement de leur nombre d’ici à 2014, à 10 000, soit le double des spécialistes diplômés formés durant les cinq dernières années.

L’Algérie compte environ 50 000 médecins toutes catégories pour une population de quelque 36 millions d’habitants.