Dans le détroit d’Ormuz, les superpétroliers hésitent désormais à s’aventurer. Depuis que le conflit oppose l’Iran aux Etats-Unis, les raffineurs sud-coréens scrutent avec inquiétude chaque mouvement de tanker au Moyen-Orient. Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, l’Algérie tire son épingle du jeu.
En mai 2026, ses exportations de brut vers la Corée du Sud ont bondi de 47,1% sur un an, et elles ont même plus que triplé par rapport au mois d’avril. Cela confirme une tendance. A mesure que le Moyen-Orient devient plus difficile à approvisionner, Séoul va chercher son pétrole ailleurs, et l’Algérie en profite.
Le pétrole algérien en forte hausse vers la Corée du Sud
Les chiffres de la compagnie pétrolière coréenne KNOC parlent d’eux-mêmes. La Corée du Sud a acheté près de 3,64 millions de barils de brut algérien en mai, contre à peine 1 million en avril, soit un saut de 263,3% en un seul mois. Et ce n’est pas un coup isolé. Sur les cinq premiers mois de 2026, les importations atteignent 9,31 millions de barils, contre 6,5 millions un an plus tôt, une hausse de 43,6%.
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Pourquoi la Corée du Sud se tourne vers l’Algérie ?
En effet, la guerre en Iran a sérieusement compliqué le transport du pétrole moyen-oriental. En mai, les importations coréennes venues du Moyen-Orient ont chuté de 32% sur un an, plusieurs pétroliers n’ayant pas réussi à charger ou à livrer leurs cargaisons dans les temps.
Les raffineurs sud-coréens se sont donc mis à chercher ailleurs, du côté du Canada notamment, mais aussi de plusieurs pays africains, dont l’Algérie.
L’Algérie et la Corée du Sud se rapprochent aussi sur le plan diplomatique
Ce n’est pas un hasard si les chiffres grimpent au même moment. Début juin, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a rencontré son homologue sud-coréen à Séoul, en marge d’une réunion avec onze pays africains.
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Les deux hommes ont discuté d’acheter davantage de pétrole algérien, alors que les deux pays célèbrent vingt ans de partenariat et veulent désormais aller plus loin, dans l’énergie comme dans la défense.
Le Moyen-Orient continue tout de même de fournir l’essentiel du pétrole coréen, avec 72,82 millions de barils livrés en mai grâce aux cargaisons émiraties et saoudiennes qui ont réussi à passer le détroit d’Ormuz. Mais dans ce paysage, l’Algérie gagne du terrain mois après mois.
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