Les étrangers exclus de la pêche du thon rouge au large des côtes algériennes

Les étrangers exclus de la pêche du thon rouge au large des côtes algériennes

1324899-1745275.jpgLes exploitants étrangers ne participeront plus, à partir de cette année, à la campagne de pêche au thon rouge dans les eaux sous juridiction algérienne, qui sera désormais réservée aux opérateurs nationaux, a appris dimanche l’APS auprès du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques.

« A partir de cette année (2010), les exploitants étrangers n’ont pas le droit de participer à la campagne de pêche commerciale du thon rouge dans les eaux sous juridiction algérienne », indique-t-on au ministère, en précisant que « cette exploitation sera réservée uniquement aux thoniers nationaux ».

Cette décision fait suite à la décision de la Commission internationale pour la conservation des Tonidés de l’Atlantique (ICCAT), de ne pas attribuer la pêche de cette espèce aux pays tiers et que chaque pays doit baisser son quota en utilisant ses propres moyens, indique la même source.

L’ICCAT, qui rassemble les Etats pêcheurs, a décidé en 2009 de ramener le quota de pêche autorisé à 13.500 tonnes en 2010 contre 19.500 tonnes l’année d’avant. Chaque année, l’Algérie accorde des licences de pêche des grands migrateurs halieutiques à durée déterminée du 1er au 31 mai, rappelle-t-on. Un quota d’affrètement de 223,4 tonnes a été proposé aux exploitants étrangers durant la campagne de 2009.

Le ministère souligne que l’Algérie dispose de thoniers équipés pour la pêche de ce poisson, précisant, par ailleurs, que l’interdiction par l’Algérie d’exporter cette espèce, dépendrait de la décision de la Convention sur le Commerce international des espèces sauvages menacées (CITES), qui se réunit du 13 au 25 mars à Doha au Qatar. Le thon rouge figure parmi les espèces les plus menacées proposées à l’inscription dans l’annexe I de la CITES, synonyme d’interdiction de son commerce international.

Les espèces inscrites à l’annexe I sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la Convention, affiliée à l’ONU.

L’annexe II de la convention impose quant à elle de fortes régulations du commerce des espèces animales et végétales menacées, assorties de permis d’exportation, alors que l’annexe III, c’est le pays qui met des conditions d’exploitation et de commercialisation de l’espèce proposée à ce niveau.

L’inscription du thon rouge dans l’annexe I de la convention a été proposée par la principauté de Monaco en 2007 suite à un constat faisant état de disparition des deux tiers des stocks de cette espèce en Méditerranée, et ce, entre 1957 et 2007 et de 82% en Atlantique ouest entre 1970 et 2007. Grand migrateur, ce poisson se reproduit uniquement dans le Golfe du Mexique et en Méditerranée où se font 80% des captures.

Depuis son entrée en vigueur en 1975, la CITES régule ou interdit déjà le commerce de 34.000 espèces de faune et de flore sauvages.