Les Espagnols sur le toit du monde

JOHANNESBURG, SOUTH AFRICA - JULY 11:  The Spain team celebrate winning the World Cup as captain Iker Casillas (C) waves to fans during the 2010 FIFA World Cup South Africa Final match between Netherlands and Spain at Soccer City Stadium on July 11, 2010 in Johannesburg, South Africa.  (Photo by Clive Rose/Getty Images)#Finale à Johannesburg (Soccer City): l’Espagne bat les Pays-Bas 1 à 0 après prolongations

Terrain: bon Temps: frais Eclairage: bon Spectateurs: 84.490 Arbitre: H. Webb (ENG)

But: Iniesta (116) Avertissements: Pays-Bas: van Persie (15), van Bommel (22), de Jong (28), van Bronckhorst (54), Heitinga (57), Robben (84), van der Wiel (111), Mathijsen (117) Espagne: Puyol (17), Sergio Ramos (23), Capdevila (67), Iniesta (118), Xavi (120+1)

Expulsion : Pays-Bas: Heitinga (109, 2e avertissement)

Les équipes:

Pays-Bas: Stekelenburg – van der Wiel, Heitinga, Mathijsen, van Bronckhorst (cap) (Braafheid 105) – van Bommel, de Jong (van der Vaart 99) – Robben, Sneijder, Kuyt (Elia 71) – van Persie

Entraîneur : Bert Van Marwijk

Espagne: Casillas (cap) – Sergio Ramos, Puyol, Piqué, Capdevila – Busquets, Xabi Alonso (Fabregas 87) – Iniesta, Xavi, Pedro (Jesus Navas 60) – Villa (Torres 106)

Entraîneur: Vicente Del Bosque

Doucement mais sûrement, comme toujours lors de ce Mondial, l’Espagne a su attendre, avant-hier soir à Johannesburg, le moment propice, les prolongations, pour frapper par Iniesta et enlever le trophée de la 19e Coupe du monde de football (1-0) devant la Hollande réduite à dix (109’)

Pour cette dernière, comme en 1974 et en 1978, cette troisième tentative en finale n’aura donc pas été la bonne contre des Espagnols dominateurs et victorieux par le plus petit score, comme en 8e (Portugal), en quart (Paraguay) et en demi-finale (Allemagne).

Dure très dure a été cette finale caractérisée par la prudence des deux côtés mais excessive du coté néerlandais dont l’enjeu et l’importance de la partie a contraint les Hollandais à opter pour le jeu musclé dont les auteurs auraient pu être expulsés par l’arbitre, l’Anglais Webb qui avait sorti pas moins de 14 cartons jaunes et a exclu Heitinga.

Un match aussi plein d’émotions. Avant l’entrée des joueurs sur le terrain, Nelson Mandela fit même une apparition, en voiturette sur le terrain, pour saluer les fans de Soccer City. Avec son sourire angélique, l’icône de la lutte antiapartheid a, en fin de compte, décidé de marquer de son empreinte cet évènement mondial sous les regards des milliards de téléspectateurs à travers le monde.

Les pleurs à chaudes larmes du gardien espagnol Casillas au moment du but d’Iniesta à la 116e minute, fut l’autre image de cette finale qui a été longue très longue pour les deux finalistes, tous deux à la recherche d’une couronne.

Pour y prétendre les Espagnols ont compris qu’il fallait rester sur leur jeu fait de passes courtes et d’une touche de balle sur fond de maîtrise technique permettant une possession hégémonique du ballon.

A défaut de puissance physique, les joueurs ont monopolisé la balle comme le sait si bien le faire l’ossature de la Roja qui n’est autre que celle du FC Barcelone, champion du monde des clubs Ainsi, la Roja, qui jouait sa première finale de Coupe du monde, rejoint l’Allemagne, seule à avoir jusqu’ici réalisé un doublé Euro-Mondial (1972-1974), mais devient le premier pays européen consacré en Coupe du monde en dehors du Vieux continent.

La sélection espagnole a entamé le match sur les chapeaux de roues, et aurait pu parvenir à ouvrir la marque par l’entremise de Sergio Ramos (4è), qui a vu sa reprise de la tête stoppée magistralement par le portier des Pays-Bas, Stekelenburg.

Après une première période tendue et entachée de nombreuses fautes, et alors que les Espagnols avaient le contrôle du match, c’est les Oranjes qui allaient se procurer à l’heure de jeu leurs plus belles occasions. Mais pas inspiré, Robben a perdu deux nettes occasions face à face contre Casillas. Parti dans le dos de la défense, son tir fut détourné du bout du pied droit par « San Iker » (62’).

Puis il vit son cavalier seul encore annihilé par le gardien espagnol (83’), alors qu’il avait le but au bout du pied. Le joueur du Bayern s’était déjà heurté au gardien du Real deux fois auparavant, mais sans que les occasions soient aussi limpides (45+1’, 52’). Robben, offensivement, fut le seul vraiment en vue côté Oranje. Van Persie, plutôt lourd, n’a réussi son premier geste qu’à la 49e… un centre.

Et Sneijder était trop occupé à se débattre au milieu de terrain ou trop occupé à penser à ses statistiques personnelles. Mais Robben regrettera toute sa vie ses deux duels perdus contre Casillas.

Dans le premier acte de la prolongation, la Roja avait trois grosses occasions en cinq minutes.

Fabregas, lancé par Iniesta, perdait un face-à- face devant Stekelenburg (95). Le même Iniesta manquait ensuite de lucidité dans un trois contre un, avant que Navas ne voit sa frappe déviée par van Bronkhorst faire trembler le petit filet extérieur. Puis survient le but libérateur.

On jouait la 116e minute. Fabregas, devant la surface de réparation, démarque Iniesta à droite qui d’un contrôle se met dans le sens des buts et exécute Stekelenburg d’une frappe à mi-hauteur du droit (1-0). Les quelques minutes restantes n’ont pas permis aux Néerlandais de remettre les pendules à l’heure au grand bonheur des Ibériques. Avec ce trophée, l’Espagne est devenue la première sélection à remporter la Coupe du monde, après avoir perdu son premier match du tournoi contre la Suisse 0-1.

Cette victoire allait propulser l’Espagne vers les sommets de l’Euro-2008 au Mondial-2010, en passant par le record de 35 matches consécutifs sans défaite, comme le Brésil 1993-1996.

Par : Mohamed Zemmour