Les enfants des ex-hauts responsables sur les pas de leurs pères : A El Harrach en…famille

jeudi 4 juillet 2019 à 10:12
Source de l'article : Lexpressiondz.com

L’éclatement des affaires de corruption, a révélé au grand jour qu’en Algérie, le mal est très profond.

Baigner dans le monde des affaires malsaines, dilapider et spolier les biens de son pays, est-ce une maladie génétique ? Les spécialistes seraient tentés de le croire à voir le nombre impressionnant des enfants de la nomenklatura en Algérie qui ont choisi de marcher sur les pas de leurs pères ! L’éclatement des affaires de corruption à la faveur de la révolution pacifique qui secoue le pays depuis plus de quatre mois, a révélé au grand jour qu’en Algérie, le mal est très profond, puisque l’ex-sphère dirigeante ne se servait pas uniquement, mais offrait aussi le plateau à ses enfants.

Il ne s’agit là que d’une réalité bien amère : on n’est royalement servi que par son père ! Hier, le fils de l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal a été écroué. Farès Sellal est poursuivi au même titre que son père, déjà en détention, dans l’affaire du groupe Mazouz. Le fils de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia est également dans l’œil du cyclone, puisque l’institution judiciaire a ouvert une enquête sur des affaires de transfert d’argent, mais aussi de corruption et de trafic d’influence. A la tête de la société Otek Consulting, basée à Alger, le fils du secrétaire général du RND, est également patron de la société Otek Fzco basée à Dubai, aux Émirats arabes unis. Des soupçons qui pèsent sur l’activité de ces deux sociétés concernant des opérations de surfacturation et de fuite de capitaux.

Les enfants d’autres ex-ministres et hauts responsables sont concernés par des enquêtes en cette période de grand déballage, dont deux enfants de Djamel Ould Abbès, ex-ministre et ex-patron du FLN. Skander Ould Abbès a été arrêté, dernièrement, à Aïn Temouchent et placé en prison alors qu’El Wafi est toujours en fuite. Les deux fils sont poursuivis dans des affaires de corruption, comme le sera bientôt leur père qui vient de renoncer à son immunité parlementaire, ainsi que Saïd Barkat, l’ancien ministre de la Santé, dont le nom serait mêlé aux côtés de ceux de Djamel et El Wafi Ould Abbès dans une grande affaire de dilapidation de deniers publics.

Dans le registre des enfants d’ex-ministres impliqués dans les affaires de corruption, il y a aussi le fils de Tebboune, l’ex-Premier ministre, arrêté dans le cadre de l’affaire des 701 kg de cocaïne de «Kamel El Bouchi». Dans la même affaire, le fils de l’ex-Dgsn, Abdelghani Hamel, a également été auditionné. Ce dernier a été entendu ainsi que son père par le procureur du tribunal de Tipasa dans une autre affaire de dilapidation de foncier. Abdelkader Zoukh, l’ex-wali d’Alger, va également en compagnie de son fils comparaître devant le tribunal. Tout autant que Mahieddine Tahkout, l’homme d’affaires qui s’est fait accompagner en prison par ses deux frères et son fils Bilal.

Le fils et l’épouse de Hamid Melzi, l’ex-directeur de Club des pins, accusé d’espionnage, ont également été appelés à comparaître devant le juge d’instruction. Ce n’est là qu’un échantillon des scandales provoqués par les ex-hauts responsables et leurs enfants, mais aussi loin que l’on remonte dans le temps, il est aisé de vérifier qu’en Algérie, les enfants des hauts responsables ont toujours brillé dans le monde du business. Milliardaires et propriétaires de plusieurs sociétés et biens à l’étranger, la plupart de ces enfants, nés sous la bonne étoile, ont tous grandi avec les privilèges des fonctions de «papa». C’est là le drame de l’Algérie où l’argent et le pouvoir ont toujours entretenu des liaisons dangereuses.

D’ailleurs, cela était connu durant les années 1990 par le terme flou de « mafia politico-financière» ou encore «les barons de l’import-import». Mais à l’époque, les fonds détournés n’étaient généralement pas réinvestis en Algérie et les responsables évitaient de s’afficher. La donne a changé depuis et une génération d’oligarques qui a pu, en un laps de temps très court, développer d’immenses fortunes, a choisi la grande médiatisation. Les oligarques ont décidé de s’afficher et d’exhiber leurs fortunes non sans mettre en avant leurs relations avec les politiques. Une manière à eux, de défier le peuple et c’est ce qui a précipité leur chute.

Hasna YACOUB

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