Les déclarations contradictoires se multiplient: Cacophonie chez le clan présidentiel

jeudi 21 mars 2019 à 13:52
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Ce sont quarante-huit heures d’un brouhaha qui, à première vue, semble désopilant, mais qui, finalement et de toute évidence, renseigne on ne peut mieux sur la panique qui prévaut désormais au sein des porte-voix du pouvoir, entre partis et organisations.

Du RND d’Ouyahia au FLN d’on ne sait plus qui en réalité, en passant par l’UGTA et le FCE des très décriés, respectivement, Abdelmadjid Sidi Saïd et Ali Haddad, les voix se sont mises à s’entrechoquer tellement la chose et son contraire sont assénés à une allure où le reniement a pris de la valeur à la bourse des positions politiques. La conjoncture, il est vrai, a de quoi susciter cette espèce de foire d’un genre pas très courant.

Il faut dire qu’avec sa sortie d’il y a trois jours, sans doute secoué par l’ampleur du mouvement populaire, à travers laquelle il recommandait que l’on réponde «dans les meilleurs délais» aux revendications de la même rue qu’il voyait quelques semaines plus tôt s’embraser comme en Syrie, Ahmed Ouyahia a ouvert la voie dans son camp comme qui dirait à la repentance, malgré la précision qu’il faille continuer à essayer de convaincre les citoyens de la crédibilité de la transition démocratique «harmonieuse» à laquelle a appelé le président de la République», c’est-à-dire celle-là même dont les millions de manifestants à travers le pays ne veulent pas entendre.

Une ouverture dans laquelle s’est engouffré son second au parti, Seddik Chihab pour ne pas le nommer, pour assommer tout son monde avec un mea culpa en règle en soutenant, sans qu’il donne la moindre impression qu’il ait été forcé, que son parti n’était pas pour la candidature de Bouteflika pour un nouveau mandat. «C’était une erreur de notre part de le soutenir eu égard à l’état de santé dans lequel il se trouve», balançait-il sans, peut-être, se rendre compte sur le coup qu’il venait de dire plus que son patron au parti surtout qu’il ne manquera pas d’apporter encore plus d’eau au moulin des millions d’Algériens en reconnaissant que, depuis cinq, six ou sept ans, le pays est dirigé par des forces extraconstitutionnelles. Suffisant pour jeter le trouble chez les Algériens, plutôt et surtout chez les partisans du président de la République ?

Apparemment, pas du tout puisque, à partir du parti dont il est un de ceux qui détiennent les rênes, pour ajouter un acte à ce vaudeville à la qualité très douteuse, un communiqué tombé dans l’après-midi d’hier venait apporter des «éclaircissements» pour reléguer les propos tenus par Seddik Chihab dans la même catégorie que ceux tenus hier par Moad Bouchareb qui, lui, pour apporter sa contribution à ce chapitre qui dit beaucoup sur l’état des lieux dans la maison des acquis au prolongement du mandat du Président sortant, est passé tout près de faire passer le FLN pour la grande victime de ce qui arrive depuis quelques semaines au pays.

Une cacophonie qui, il faudra s’y attendre apparemment, risque de s’enrichir de nouvelles perles, comme les Algériens n’entendent pas mettre un bémol au mouvement de protestation qui n’en finit pas d’attirer le regard du monde entier.

Azedine Maktour

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