Les capitales occidentales donnent des consignes,Le sens de «la retenue»

Les capitales occidentales donnent des consignes,Le sens de «la retenue»
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A la moindre manifestation à Alger, l’attention des puissances étrangères et leurs médias se focalise sur la capitale algérienne.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie a appelé à une nouvelle marche à Alger samedi 19 février. Samedi 12 février, la marche pour le changement et la démocratie initiée par la coordination pour le changement et la démocratie a été empêchée par le gouvernement qui a déployé un nombre considérable de policiers autour de la capitale, dans la mesure où cette marche n’avait pas d’autorisation, donc illégale. A la moindre manifestation à Alger, l’attention des puissances étrangères et leurs médias se focalise sur la capitale algérienne.

Après la Tunisie de Ben Ali, l’Egypte de Moubarak, l’Algérie est pour eux le prochain pays du changement, «librement et sans violence». Ainsi des appels sont lancés de diverses capitales européennes et de Washington pour appeler Alger à la retenue. Pour Paris, « des manifestations organisées à Alger et dans certaines grandes villes, ce qui est important à nos yeux c’est que la liberté d’expression soit respectée et que les manifestations puissent se dérouler librement et sans violence », a déclaré le porte-parole, Bernard Valero, relevant que la mise en œuvre en Algérie des mesures de levée de l’état d’urgence et d’ouverture des médias audiovisuels, promises par le régime, constituerait « à l’évidence un pas dans la bonne direction ».

Le gouvernement de Barack Obama suit le même chemin et appelle Alger à la retenue. « Nous prenons acte des manifestations actuelles en Algérie, et appelons à la retenue les forces de sécurité », écrit le porte-parole du département d’Etat Philip Crowley dans un communiqué. Le Gouvernement d’Angela Merkel y va aussi de la même consigne. Par la bouche de son chef de la diplomatie, Guido Westerwelle, le gouvernement allemand a exhorté le gouvernement algérien à ne pas faire usage de violence contre les manifestants, qui ne font selon lui, qu’exercer un « droit humain ». Il est pour le moins étrange tout ce déluge de critiques des puissances étrangères contre le gouvernement algérien qui s’est retenu justement d’employer la force pour disperser les manifestants de la place du 1er Mai. Il a fait valoir la force du droit contre le droit de la force. Manifestement, les puissances étrangères sont à mille lieux de percevoir avec lucidité les réalités algériennes. L’Algérie n’est ni la Tunisie, ni l’Egypte même si par la force des choses, on perçoit quelques similitudes sur certains plans, économique et social. La raison d’interdire des manifestations populaires tient au fait qu’il s’agit d’assurer l’ordre public, de préserver le pays de situations que le peuple algérien n’est pas prêt d’oublier et le peuple algérien se souvient et se rappelle des positions des uns et des autres quand il affrontait seul les hordes terroristes qui ont mis à sang et à feu le pays durant toute une décennie.

En ce temps là, Washington et Londres ont offert des asiles dorés aux chefs terroristes qui ne manquaient pas une occasion, de leur retraite, de faire état de leurs hauts faits d’armes contre des civils innocents. 2.00.000 morts et des milliards de dollars de dégâts n’ont pu émouvoir les consciences des dirigeants de ces puissances qui appellent aujourd’hui nos responsables à de la retenue, comme si les enfants d’Algérie n’avaient pas un sens de discernement pour se retenir. Comme toute manifestation qui se déroule à travers le monde pour diverses raisons qu’elles soient d’ordre, social ou politique, il y a des risques de dérapage. Et l’Algérie n’y échappe pas dans cet ordre des choses.

Alors se pose la question de ces consignes de retenue lancées par des pays qui ont eu à réprimer violemment des manifestations pacifiques de leurs populations. « A quand l’Algérie ? », c’est la question qui taraude l’esprit de ces dirigeants qui font « une fatalité » de l’Algérie de subir le même scénario que la Tunisie et l’Egypte, oubliant que les Algériens ont fait leur révolution en octobre 1988.

Les consignes qui viennent trop tard et sélectives, les Algériens les prennent à leur juste mesure. Les thèmes des droits de l’Homme, la liberté d’expression et autres qui sont brandis par ces puissances pour s’ingérer dans les affaires d’un pays ne sont plus crédibles. La Palestine est un exemple édifiant et le peuple algérien a appris la leçon.