Les avocats sont déterminés à poursuivre leur mouvement de grève de trois jours, décrété depuis avant-hier, jusqu’à satisfaction de leur revendication, à savoir le retrait pur et simple de plusieurs articles inclus dans le nouveau projet de loi régissant leur profession qu’ils jugent «aberrant». Les robes noires ont contesté et exprimé leur indignation en boycottant les audiences à travers les tribunaux et cours d’Algérie.
C’est à l’issue d’une rencontre tenue hier à la cour d’Alger et présidée par le bâtonnier national Abdelmadjid Silini que les avocats ont décidé de maintenir leur grève de trois jours pour dénoncer et contester le nouveau projet de loi régissant leur profession, actuellement au niveau de la chambre basse du Parlement (APN). Lors de cette rencontre, Maître Silini a réitéré la détermination et la mobilisation des robes noires à radicaliser leur mouvement, et ce, jusqu’au retrait définitif de ce texte de loi qui, selon eux, porte atteinte à la liberté de défense. Au deuxième jour de grève, les avocats d’Alger ont boycotté les cours et les tribunaux ainsi que les établissements pénitentiaires pour exprimer le rejet de ce projet de loi. Les audiences, civiles et pénales, programmées pour la journée d’hier au niveau des tribunaux et cours de justice d’Alger ont été tout bonnement boycottées, pour ne pas dire ajournées. Il convient de rappeler que ce mouvement de protestation qui se poursuivra jusqu’à aujourd’hui, fait suite à l’appel de l’Assemblée générale extraordinaire de l’Union nationale des barreaux d’Algérie, tenue les 14 et 15 octobre derniers à Béjaïa. Dans son communiqué d’avant-hier, le barreau d’Alger a précisé que la principale revendication des avocats consistait en la révision du projet portant statut de la profession d’avocat. Ce boycott n’a pas concerné que les audiences au niveau des tribunaux et cours de justice, il s’est élargi aux établissements pénitentiaires. Notons enfin que les avocats ont contesté à maintes reprises ce projet de loi. Le 29 juin dernier, les avocats du barreau d’Alger ont organisé une marche partant du tribunal de Sidi M’hamed jusqu’au siège de l’APN pour protester contre certaines dispositions de cette loi qui, d’après eux, limitent la liberté de défense.
Yazid M.