C’est non et non ! Le gouvernement algérien vient d’annoncer officiellement que la marche qui devra avoir lieu samedi 12 février à Alger est interdite.
La wilaya (préfecture ) d’Alger a indiqué lundi 07 février dans un communiqué que la manifestation à laquelle ont appelé partis politiques, syndicats, associations et personnalités de la société civile n’est pas autorisée. Les marches et manifestations publiques sont interdites dans la capitale algérienne depuis juin 2001 alors que l’état d’urgence est en vigueur dans le pays depuis le 09 février 1992.
La wilaya d’Alger a refusé la demande d’autorisation d’une marche à Alger le samedi 12 février et propose à ses initiateurs une des salles de la capitale, selon un communiqué de la wilaya rendu public dimanche « En application des textes réglementaires en vigueur, un refus a été notifié aux auteurs de cette demande », indique la wilaya.
La manifestation peut être tenue dans « l’une des différentes salles de la capitale, y compris la coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf d’une capacité de 10.000 places », ajoute le communiqué diffusé par l’agence de presse officielle APS.
Le refus du gouvernement algérien d’autoriser cette marche ouvre ainsi la voie à un bras de fer dont on saurait prédire les conséquences.
La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), initiatrice de cette manifestation, a indiqué samedi 05 février qu’elle maintenait la marche du 12 février prochain, avec l’itinéraire et l’horaire prévus initialement, à savoir de la place du 1er mai à la place des Martyrs, à partir de 11 h.
Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), M. Mustapha Bouchachi, un des organisateurs de cette marche avait fait part de ce maintien. « Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de refus pour organiser notre marche de la part de la wilaya d’Alger, qui nous a demandé, mercredi dernier, de reformuler la demande », a expliqué M. Bouchachi au terme d’une réunion avec les parties qui ont appelé à la tenue de cette marche.
Le président Bouteflika avait rappelé jeudi 03 févier lors d’un Conseil des ministres que la capitale était toujours interdite aux manifestations, toutefois il a précisé que des marches pouvaient être organisées ailleurs sur le territoire national. Pour les autorités, l’interdiction des marches à Alger est justifiée par « des raisons d’ordre public ».
Même son de cloche chez le Vice-Premier ministre, Yazid Zerhouni , ancien ministre de l’Intérieur de 1999 à 2010. Mercredi 02 février, celui-ci s’est opposé à la tenue de cette marche. « Officiellement, a-t-il indiqué aux journalistes, la marche est interdite. Mais ceux qui appellent à cette marche doivent assumer leurs responsabilités quant à la casse et aux dérapages. Une expérience malheureuse a eu lieu le 14 juin 200. Et nous avons tiré les leçons du 14 juin 2001. »
Les autorités algériennes refusent d’accorder les autorisations à des marches pacifiques dans la capitale en vertu d’une interdiction en vigueur depuis juin 2001. ette interdiction faisait suite une une marche en faveur de la Kabylie qui avait tourné à l’émeute faisant huit morts et des centaines de blessés.
