Lendemain de résultats : Ce bac qui rend heureux… ce bac qui fait pleurer

Lendemain de résultats : Ce bac qui rend heureux… ce bac qui fait pleurer
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Combien était insupportable l’attente. La journée du jeudi restera à jamais gravée dans les mémoires des lycéens mais aussi de leurs parents. Le Bac qui rend heureux, fait également pleurer… Tout a commencé la veille, soit mercredi soir.

LES CYBERCAFÉS PRIS D’ASSAUT

Il faut dire que les bacheliers, pas tous, n’ont pas attendu la journée de jeudi pour découvrir leurs résultats. Les Cybercafés ont été pris d’assaut dès mercredi soir. Pas de place pour les retardataires. Le site du ministère de l’Education recevait plusieurs milliers de visites et ce, en un laps de temps. Les candidats ne voulaient rien laisser au hasard. La curiosité était plus forte. La détermination aussi. «S’il me faut rester ici jusqu’à minuit, je le ferai sans hésitation aucune.

Je ne quitterai pas le lieu sans connaître mes résultats», lance cet adolescent au gérant du cybercafé. Un autre candidat, anxieux, abonde dans le même sens : «Comme tous mes collègues, je ne peux pas patienter jusqu’à demain. Je brûle de découvrir les résultats». Le gérant du cyber se montre philosophe. «Plus tôt dans la matinée du mercredi, des bacheliers étaient là à l’affût de la moindre information. Il est 22h et ils sont toujours là. Certes, des scènes comme celles-ci se sont produites par le passé, mais cette année, il me semble que l’effervescence était à son comble», observe-t-il.

DES YOUYOUS, DES ACCOLADES, QUE LA FÊTE COMMENCE

Alger, il est 9h en ce jeudi ensoleillé. Des groupes de bacheliers se dirigent vers leurs établissements scolaires. L’heure de vérité a sonné. La fébrilité est palpable sur les visages à l’approche des tableaux d’affichage des résultats. Au lycée Baba Aroudj et Kheireddine Barbarousse (ex-Delacroix), l’ambiance était, comme partout ailleurs, au rendez-vous. Hamida, une heureuse candidate avec une moyenne de 12/20, ne cache pas sa joie : «J’ai réalisé là mon rêve mais aussi celui de mes parents qui ont été, tout au long de l’année, à mes côtés. Je suis contente de voir que mon travail est enfin récompensé». Mourad, un autre lauréat, fera savoir que son succès se veut un cadeau en premier lieu à ses parents. «Je n’arrive pas à exprimer mon émotion. Je suis vraiment comblé. C’est une première dans notre famille. Je suis très heureux.

Que c’est magnifique de voir mes parents tout heureux». Son père qui l’a accompagné n’est pas resté insensible : «Je suis très heureux pour mon fils. Son exploit nous honore mais il est également le fruit d’une longue année de travail». Et d’ajouter : «Sa mère l’attend sur le pas de la porte, je viens juste de lui confirmer la bonne nouvelle». Même atmosphère, mêmes décors, mêmes scènes de joie au lycée El Idrissi. Les youyous des mères fusent de partout, les lycées sont désormais en fête.

A l’extérieur, les bacheliers seuls ou en famille manifestent leur joie sous le vrombissement des moteurs de scooters et les klaxons de voitures. Une véritable ambiance de gala. Pour immortaliser leurs noms inscrits sur le panneau d’affichage, ces lauréats ont pris des photos souvenirs. Nabil soulignera, non sans satisfaction, que son succès est dédié exclusivement à sa famille.

UNE PENSÉE SPÉCIALE POUR LES RECALÉS…

Autre moment fort : Les heureux bacheliers n’ont pas oublié leurs collègues recalés. Bien au contraire, ils étaient tout proches d’eux pour les réconforter. Et pour cela, il fallait bien choisir ses mots. C’est le cas de Nabil. Regard pétillant, la verve facile, Nabil reconnaît que la déception après l’échec n’en serait que plus grande mais ce n’est pas du tout la fin de monde. Et pour cause : «Combien de gens ont construit leurs carrières professionnelles sans pour autant obtenir ce fameux sésame», lance-t-il consolateur à l’adresse de son collègue. Mais ces mots n’ont pas eu l’effet escompté chez ce dernier. Très affectée, Fouad ne voulait pas s’exprimer. Son père était à ses côtés. Il lui fait savoir que ce n’est qu’une partie remise et que l’année prochaine serait la bonne. Souad, une autre recalée.

Sa déception était très grande et visible sur son visage angélique. Elle a trouvé tout de même les ressources nécessaires pour s’exprimer. «C’est à ne rien comprendre. Les sujets étaient abordables. Je ne m’attendais point à cet échec. Difficile de le croire, même si cela est vrai», déclara-t-elle non sans contrition.

CES PARENTS, CES ANGES GARDIENS

«Personnellement, je pense qu’un des plus beaux cadeaux que nous ait fait la vie c’est quand notre fils réussisse sa scolarité sinon après tout, il y a une vie après le Bac». La sentence émane d’un parent d’élève au lycée El Idrissi. La phrase est lourde de sens. Elle témoigne de l’intérêt qu’accordent ces parents à la scolarité de leurs enfants.

Il n’y a pas si longtemps, des accusations ont été proférées à leur encontre par les enseignants, qui leur reprochaient de ne pas se soucier du devenir scolaire de leurs enfants. «J’étais sur la route du bled pour passer quelques jours de congé. Mais dès l’annonce sur la radio des résultats, on n’a dû rebrousser chemin. Je suis très fier de mon fils qui a eu son Bac», indique un parent d’élève. Et un autre de poursuivre : «On était à la plage quand un ami m’a appelé pour m’informer de l’annonce des résultats. Nous avons plié bagages pour rentrer à la maison». Interrogés sur la réussite de cette année, ces parents n’ont pas omis d’exprimer leur satisfaction quant aux résultas fruit d’une année stable. Un parent tonne : «Vous voyez, si on laisse nos élèves travailler sans perturbation, ils sont capables d’exploit».

L’APRÈS-BAC, L’AUTRE DÉFI

Ils ont arraché leur Bac avec brio. Mais les voilà orientés vers l’avenir. Nos bacheliers savent qu’ils n’ont pas encore achevé leur parcours d’obstacle. Nawal en est consciente. «Je suis heureuse d’avoir eu mon Bac après une année dure mais mon esprit s’est orienté déjà vers l’avenir, notamment l’épineux casse-tête de l’orientation», dit-elle.

Nawal souhaite, comme ses collègues d’ailleurs, que son vœu soit respecté d’autant que sa moyenne (16/20) lui permet d’aller vers la branche de son choix : les sciences médicales. C’est la même inquiétude pour Sara. Avec une moyenne de 13/20, celle-ci n’a pas caché sa préférence pour l’informatique. Sauf que les exemples des années précédentes avec une orientation tous azimuts ne sont pas là pour la rassurer. Leur choix sera-t-il respecté ? L’université, après tant de problèmes traversés cette année, sera-t-elle en mesure d’accueillir dans les meilleures conditions possibles tout ce monde ? La réponse n’est pas pour aujourd’hui.