Bien que ne siégeant pas à l’Assemblée, pour cause de boycott des législatives du 10 mai, le RCD ne reste pas pour autant indifférent à ce qui se passe à l’hémicycle et particulièrement le programme du gouvernement Sellal. En effet, le parti dirigé actuellement par Mohcin Belabes donne une mauvaise note à la copie présentée mardi par le successeur d’Ouyahia.
«Le gouvernement issu du dernier remaniement ministériel, qui a vu à travers sa composante la reconduction de la stratégie du replâtrage dans la gestion des affaires publiques, a présenté ce mardi 25 septembre son plan d’action devant une assemblée aussi illégitime qu’inopérante », commence par noter le RCD dans son communiqué en qualifiant le programme présenté aux députés de «pâle copie du plan d’action du gouvernement sortant» qui «s’inspire des mêmes données pour produire les mêmes effets».
S’agissant du financement des projets annoncés dans ce cadre, le Rassemblement en veut à Sellal de s’appuyer sur le «tout pétrole». «Attendu sur des initiatives à même de diversifier l’économie pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures, le gouvernement replonge dans sa logique rentière par le recours inconsidéré à la dépense et l’exploitation effrénée et irréfléchie des ressources naturelles» lit-on à ce propos.
Le gouvernement s’appuie sur le « tout pétrole »
L’amendement apporté à la loi sur les hydrocarbures constitue un autre angle d’attaque du RCD qui dénonce la perspective du recours au gaz non conventionnel. Il met en garde contre «les conséquences désastreuses»mettant en relief l’impacte négatif du gaz de schiste sur la nappe albienne.
Le recours à la rente pétrolière témoigne au sein de l’exécutif, selon le RCD, d’un déficit d’effort pour élaborer et développer une stratégie de développement claire. La récente décision de déclassement de certaines terres agricoles, pour les besoins du foncier industriel et de la construction de nouveau logements «maintiendra voire aggravera la dépendance alimentaire de l’étranger».
Le communiqué du RCD épingle aussi le gouvernement Sellal pour les récentes opérations engagées pour lutter contre le phénomène de l’informel. Ce n’est que de «l’llusion et du faire-semblant» pour le RCD qui estime que cette «campagne de résorption des commerces informels, menée tambour battant, porte en elle-même les ingrédients de son échec».
Et pourquoi donc ce jugement ? Eh bien, le communiqué la qualifie d’ «excessivement tapageuse, elle participe plus d’une action d’éclat que d’une entreprise pérenne à même de renouer avec le civisme».
La lutte contre l’informel : Une action d’éclat
Autre raison qui justifie l’échec programmé de cette opération : la composante du gouvernement elle-même. «Un gouvernement conçu et accouché dans l’arrière salle des batailles informelles sur lequel ont été greffés pas moins de six clients des tribunaux ne peut prétendre à des actions de salubrité publique et urbaine», explique t-on.
Le RCD, rappelant la désillusion des Algériens, par rapport à la promesse des deux millions de logements, par rapport aussi aux fameux 100 locaux par commune pour résorber un tant soit peu le chômage des jeunes, avertit que ces deniers «ne peuvent être dupes de propagandes éculées. La démesure du projet de 2 millions de logements a fini par s’avérer n’être qu’une imposture de plus».
Le RCD a conclu son communiqué en se situant sur un plan politique global, soutenant que «le défi est de libérer la Nation d’un système basé sur l’arbitraire, la corruption et l’injustice». Le but étant de «rapprocher l’avènement de la perspective démocratique», et cela en en finissant «avec les auteurs et les causes de l’impasse nationale». Et enfin de renouveler son appel à un rapprochement des forces politiques et sociales favorables à cette perspective politique.
