Le projet de 100 logements LSP d’AÏn Taya n’a pas démarré depuis 2008, L’inquiétude des bénéficiaires

Le projet de 100 logements LSP d’AÏn Taya n’a pas démarré depuis 2008, L’inquiétude des bénéficiaires

logements-jeunes.jpg“Le projet étant lancé, il doit être réalisé vers la fin du mois de juin 2015”, promet en revanche le promoteur. Les bénéficiaires des 100 logements sociaux participatifs (LSP), projetés à Dergana, commune d’Aïn Taya, attendent depuis 6 ans le démarrage des travaux sur chantier. Attribué en 2008 par la Direction du logement au promoteur Noureddine Lakelak, le projet devrait être livré, selon eux, dans un délai de 18 mois.

Or, déplorent ces postulants, l’édification de cette cité n’a pas été entamée à ce jour. Pourtant, avouent-ils, “nous avons effectué en août 2008, en guise d’avance, un premier versement de 1 million de dinars chacun”. Une somme suffisante, jugent-ils pour démarrer le projet. Le terrain n’a, cependant, pas franchi, dénoncent-ils, l’étape de la viabilisation. Face à cette situation, ces acquéreurs ont pris attache avec les collectivités locales, toutes les institutions et autres structures concernées.

Plusieurs réunions les ont regroupés avec le P/APC et le promoteur qui a promis de leur remettre les clés de leurs appartements au plus tard en décembre 2014. Une échéance qui ne peut cacher leur “scepticisme” quant à ce qu’un tel engagement soit respecté étant donné que le “lancement des travaux n’a pas encore eu lieu”, regrettent-ils. “Pendant six ans, rien n’a été fait, et d’un coup de baguette magique, nous serons logés en quelques mois !”, font remarquer, dépités, ces demandeurs de LSP pères de famille et dont la plupart vivent dans la promiscuité avec leurs parents. “Deux mois après l’engagement du promoteur, le chantier n’a pas bougé d’un iota”, observent-ils. Leur autre appréhension a trait à l’approche de l’hiver et aux intempéries qui retarderont encore davantage les travaux. Contacté, le promoteur avoue que les procédures de transfert de l’assiette de terrain en question du domaine agricole vers l’urbanisable et le cadastre a pris 4 ans au lieu des 60 jours exigés par le wali à l’administration compétente.

“Nous n’avons pu avoir le terrain qu’en 2012”, déclare M. Lakelak, qui précise que les études géotechniques ont révélé la nature “presque inconstructible” du sol nécessitant, de ce fait, “des fondations spéciales et des infrastructures spécifiques”. La première étude, selon lui, a indiqué que le bon sol se trouve à moins de 12 mètres de profondeur. L’autre contrainte évoquée par l’architecte est liée la situation du site près d’une faille sismique qui l’a obligé à réaliser, souligne-t-il, quatre autres études avec trois, voire quatre laboratoires tel qu’exigé par le CTC. “La synthèse de ces études nous a amenés à construire le projet sur un radier général à moins de 12 mètres de profondeur sur toute l’assiette d’une superficie d’un hectare”, relève-t-il. M. Lakelak soulève, également, un autre problème qui vient compliquer encore plus la situation. Il s’agit, d’après lui, “des résidents des bidonvilles, des constructions illicites et des indus occupants qui ont fait de ce terrain leurs fosses septiques en y déversant leurs égouts à longueur d’année”. Devant l’indifférence des autorités compétentes à régler ce problème, l’entreprise de M. Lakelak a décidé, elle-même, de construire un réseau d’assainissement, mais la “Direction des travaux publics ne nous a pas autorisés à traverser la route nationale pour un raccordement au réseau principal”, explique-t-il. Ce qui a poussé cette société à “modifier encore une fois les études, afin de pouvoir réaliser le projet, en consacrant 20% de l’assiette pour une marne d’égout. Une solution avant la mise en place d’un vrai réseau d’assainissement”, dit-il. Et d’ajouter : “Le glissement qu’a subi le terrain sur 100 mètres et une hauteur de 10 mètres confirme sa vulnérabilité.” La nature du terrain les a également contraints, affirme-t-il, de projeter 3 sous-sols d’un hectare chacun dans le but de bâtir une assise solide au projet. Ce qui constituera un socle d’équipements et de services pour le bien-être des occupants où seront intégrés des garages, des parkings pour plus de 400 voitures. Cela étant, M. Lakelak rassure que “toutes les précautions ont été prises, les terrassements terminés et les radiers généraux presque achevés”. “Le projet étant lancé, il doit être réalisé vers la fin du mois de juin 2015”, promet-il.

B. K