Le politologue Abdellaziz Djerrad : il faut accorder la priorité aux articles 7 et 8 de la Constitution pour répondre aux revendications légitimes des Algériens

dimanche 14 avril 2019 à 15:13
Source de l'article : Radioalgerie.dz

La crise politique à laquelle se trouve présentement confrontée l’Algérie, résulte de l’interprétation d’articles de la Constitution, « traficotée » à de multiple reprises par le régime, affirme le politologue Abdelaziz Djerrad.

Accueilli, dimanche, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, celui-ci rappelle que cette crise a pris naissance aussitôt après l’application de l’article 102 contraignant le président Bouteflika à quitter le pouvoir, lequel, dit-il, s’est vu transformé en « verrou pour bloquer l’évolution logique de la société Algérienne » et bloquer ses revendications.

En se référant aux articles 7 et 8 de la Constitution soulignant que la souveraineté est exercée par le peuple, « surpassant ainsi l’article 102 », visant, selon lui, « à perpétuer l’ancien régime », l’intervenant s’étonne que ceux-ci n’aient pas pas été appliqués.

Pour se libérer de ce carcan, M. Djerrad estime utile de « mettre en veilleuse, pour un moment précis » l’article 102 et à accorder la priorité aux articles 7 et 8, afin, explique-t-il, de répondre à une « revendication légitime du peuple Algérien » d’autant, signale-t-il, qu’en son article 12, le texte constitutionnel stipule que l’Etat puise sa légitimité « dans la volonté du peuple ».

Constatant que le pays se trouve à un tournant délicat de son histoire, ce dernier constate que les Algériens restent toujours mobilisés, relevant au passage une « rupture de confiance » entre ces derniers  et ses gouvernants, en raison, dit-il, de leur refus d’accepter la présence de personnes installés à la tête de l’Etat dont il juge qu’il faut les remplacer par d’autres « plus crédibles, afin de dépasser la crise » .

Pour éviter au pays une « crise majeure », ce politologue appelle à prendre rapidement les mesures propres à « éliminer les trois ou quatre personnes posant problème », à mettre en place les mécanismes  et instruments de remise en cause des lois électorales et à proposer une commission indépendante pour organiser et surveiller les prochaines élections présidentielles.

Pour battre en brêche une idée reçue, l’’invité tient, d’autre part, à souligner, que la population ne rejette pas tout. Elle rejette, déclare-t-il, les résidus du régime actuel pouvant être remplacés par des compétence nationales, des intellectuels, des universitaires, des magistrats et des avocats honnêtes et patriotes pouvant aider à dépasser la période difficile dans laquelle se trouve enfoncé le pays.

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