Le plus gros coup de filet jamais mené contre la DZ Mafia : plus de 40 suspects arrêtés en France

Le plus gros coup de filet jamais mené contre la DZ Mafia : plus de 40 suspects arrêtés en France
La DZ Mafia touchée en plein cœur : plus de 40 personnes arrêtées dans une opération sans précédent visant le gang marseillais.

Un coup de filet sans précédent a visé la DZ Mafia entre lundi et mardi matin. Cette opération d’envergure, menée par la Gendarmerie française, a permis l’interpellation de 42 suspects, principalement dans les Bouches-du-Rhône et en milieu carcéral.

Parmi eux figurent trois détenus identifiés comme les têtes pensantes de l’organisation. Cette enquête, centrée sur le fonctionnement et le financement du groupe, marque l’offensive la plus importante jamais réalisée contre ce réseau criminel.

L’ensemble des suspects a été placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure ciblant la structure profonde de la DZ Mafia. Cette enquête se distingue par l’usage de qualifications pénales exceptionnelles, notamment celle de « direction d’un groupement criminel dédié au trafic de stupéfiants », un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Les chefs d’accusation incluent également l’association de malfaiteurs et le blanchiment aggravé.

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« Mamine », « Gaby », « La Brute »…

Les investigations, menées par les gendarmes de Marseille avec des renforts opérationnels, ont ciblé la direction stratégique de la DZ Mafia. Trois figures centrales du groupe, déjà incarcérées mais toujours influentes, ont été interpellées. Il s’agit d’Amine O., Gabriel O. et Madhi Z., respectivement surnommés « Mamine », « Gaby » et « La Brute ». Ils sont suspectés d’avoir piloté les vagues de violence destinées à imposer la domination du groupe.

Parmi les cibles de ce coup de filet figure un profil pour le moins inattendu : un avocat du barreau de Lyon. Ce dernier est soupçonné de corruption au profit de la DZ Mafia. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir facilité les activités criminelles de certains cadres de l’organisation, alors même qu’ils étaient sous les verrous.

L’ascension de la DZ Mafia repose sur une opportunité logistique saisie durant la crise sanitaire : le maintien des flux de drogue alors que la France était à l’arrêt. Après avoir consolidé son assise sous l’égide de Mehdi Laribi, le groupe a basculé dans une guerre ouverte contre ses rivaux du clan Yoda en 2023. Le bilan est sans appel : 49 homicides liés au narcobanditisme à Marseille en un an. Sortie victorieuse de cet affrontement, la DZ Mafia, désormais aux mains d’un triumvirat de détenus, se distingue par l’usage systématique de la violence débridée et l’emploi de « minots » comme exécuteurs.

Une prise de conscience politique

L’organisation criminelle a franchi un nouveau cap dans la mise en scène médiatique en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux. S’inspirant ouvertement des codes de communication des cartels mexicains, cette démonstration de force visait à nier toute responsabilité dans l’assassinat d’un chauffeur VTC, abattu par un mineur de seulement 14 ans.

La DZ Mafia ne se contente plus du narcotrafic marseillais ; elle déploie désormais une stratégie de diversification criminelle. Le racket est devenu un axe majeur, comme l’illustre l’attaque sanglante contre l’entourage du rappeur SCH ou les pressions exercées sur les établissements de nuit à Marseille. Plus inquiétant encore, le groupe fonctionne désormais comme une « centrale » de services criminels, exportant sa main-d’œuvre — de très jeunes tireurs — vers des villes comme Avignon, Arles ou Montpellier pour le compte de réseaux tiers.

Le sentiment d’impunité de l’organisation s’est illustré de manière tragique avec l’exécution du frère du militant, d’origine algérienne, Amine Kessaci en novembre 2025.

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