Le pétrole à 83 $ : Quand la guerre en Iran fait les affaires de l’Algérie

Le pétrole à 83 $ : Quand la guerre en Iran fait les affaires de l’Algérie
Les prix du pétrole poursuivent leur hausse ce mercredi

Le marché mondial de l’énergie est en ébullition. Ce mercredi 4 mars 2026, les cours du brut ont bondi, portés par l’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Entre menaces sur le détroit d’Ormuz et envolée des coûts d’assurance, l’économie mondiale retient son souffle.

La séance de mercredi a confirmé la nervosité des marchés. Le baril de Brent a grimpé de 1,11 dollar (+1,4 %) pour atteindre 82,53 dollars, son plus haut niveau depuis janvier 2025. Même tendance pour le West Texas Intermediate (WTI) américain, qui s’établit à 75,37 dollars (+1,1 %).

Cette hausse n’est plus une simple fluctuation technique. Elle est le résultat direct des frappes militaires menées par les administrations de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou contre des cibles iraniennes, provoquant une riposte immédiate de Téhéran.

Le détroit d’Ormuz : le point de rupture

Les images de navires en flammes dans le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial, hantent les investisseurs. Le 1er mars, trois navires civils, dont le méthanier Skylight, ont été touchés. Si le détroit n’est pas officiellement fermé, il est de fait paralysé :

  • 150 navires à l’arrêt : Selon MarineTraffic, de nombreux tankers ont jeté l’ancre, refusant de s’engager dans la zone.
  • Assurances prohibitives : « Les coûts d’assurance sont devenus si élevés qu’aucun navire ne veut risquer la traversée », explique Amena Bakr, experte chez Kpler.
  • Prévisions à 100 $ : Si le blocage persiste, certains analystes prévoient un baril dépassant rapidement les 100 dollars.

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L’OPEC+ maintient la pression : les enjeux du baril pour l’Algérie, l’Arabie Saoudite et le duo Russie-Chine

Face à la menace d’une nouvelle spirale inflationniste pour les économies occidentales, l’instabilité actuelle redessine la carte des profits mondiaux. La Russie, malgré les sanctions du G7 et une chute de 18 % de ses revenus pétroliers l’an dernier, se positionne comme un bénéficiaire opportuniste : le blocage des approvisionnements iraniens pourrait inciter la Chine à se tourner massivement vers le brut russe pour combler son déficit.

Parallèlement, le bloc de l’OPEC+, incluant des acteurs clés comme l’Arabie Saoudite et l’Algérie, choisit la voie de la tempérance.

En maintenant une approche prudente et en refusant pour l’instant d’augmenter la production, le cartel surveille étroitement l’équilibre entre l’offre et la demande pour soutenir des prix élevés et stabiliser ses propres revenus nationaux.

Hausse des prix du pétrole : Quel impact pour l’Algérie ?

Pour Alger, ce contexte est à double tranchant. À court terme, la hausse des prix est une bouffée d’oxygène pour les recettes fiscales. Le secteur des hydrocarbures, pilier de l’économie nationale, profite mécaniquement de la valorisation du baril.

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Toutefois, les experts avertissent : cette dépendance reste une vulnérabilité. « L’Algérie reste exposée à la volatilité brutale du marché », souligne-t-on. Si la diversification économique est enclenchée, la stabilité à long terme du pays dépendra de sa capacité à transformer cette manne pétrolière éphémère en investissements structurels hors-hydrocarbures.