Le montage automobile s’écroule : Quelles alternatives ?

lundi 15 juillet 2019 à 21:38
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Le montage automobile, présenté, au départ, comme une solution d’avenir aux problèmes du marché automobile, a commencé à avoir des ratés, avant même d’atteindre le niveau de production requis. À l’heure qu’il est, ce secteur est échevelé, tout à fait désordonné. Mal conçue, mauaise mise en œuvre, élaborée dans la précipitation, la stratégie de l’industrie automobile a fait perdre plus d’argent au Trésor public qu’elle n’en a rapporté.

Elle a détruit plus d’emplois qu’elle n’en a créés. Par ailleurs, il ne s’est pas passé grand-chose en terme de technologie dans les chaînes de montage automobile, les constructeurs n’ayant pas encouragé le transfert de technologie au profit des fabricants locaux. En outre, le montage automobile, destiné également à soutenir la balance des paiements, n’a pas produit des effets positifs de substitution des importations de véhicules. L’État a ainsi échoué sur toute la ligne. En résumé, le tableau est sombre !

Et, il le restera, car, au lieu de repenser l’industrie de l’assemblage automobile et lui accorder les ressources dont elle a besoin, l’État, en manque d’argent, a donné, il y a quelques mois, un tour de vis à l’octroi de devises pour l’importation de kits (SKD) destinés au montage automobile. Dans une déclaration à Liberté, Lotfi Halfaoui, expert industriel et directeur du cabinet d’expertise industrielle éponyme (CEI Halfaoui), estime que le pays n’a pas de stratégie industrielle. Et, qu’il n’a rien fait de rationnel en matière économique.

De son point de vue, le secteur automobile, le plus impacté par l’actualité judiciaire (il y a beaucoup de dossiers en instruction liés à des faits de corruption), ne saurait se développer dans les conditions actuelles, parce que l’État n’a pas jeté les bases économiques d’une réelle industrie automobile. L’expert recommande de définir, d’abord et avant tout, une démarche, une réflexion, sur l’opportunité ou pas d’un tel secteur à long terme. Cela est considéré comme la condition préalable à un développement solide et sérieux de cette industrie. Devant les bouleversements de ce marché, relève-t-il, la voiture thermique (à essence) est concurrencée de plus en plus par la voiture électrique.

Et, de s’interroger : quel sera l’apport de l’État face aux constructeurs ? Quel sera l’impact sur le bilan de créations d’emplois, sur la balance des devises, sur la fiscalité ? Lotfi Halfaoui explique que la stratégie actuelle doit faire l’objet d’une profonde remise en cause. Sans quoi, nous ne saurons pas de quoi sera fait demain, s’inquiète-t-il. Le directeur du cabinet Halfaoui ajoute que “nous assistons aujourd’hui à la faillite des réseaux de concessionnaires”. Ces derniers, rappelle-t-il, “avaient développé, de manière exponentielle, des showrooms dans la plupart des grandes villes algériennes”.

Et, de poursuivre : “Les temps ont cependant changé et ils sont en train de subir une panne prolongée, procédant à la fermeture de showrooms de manière alarmante.” C’est dire, souligne-t-il, “à quel point leur création était liée à une décision administrative et non à une demande du marché local national”. Ce segment économique (showrooms) fait partie de la distribution des pièces de rechange et du service après-vente (SAV). C’est un secteur vital qui est totalement déstructuré, pollué par des produits contrefaits.

L’expert explique que le commerce des pièces de rechange devient de plus en plus numérique avec des achats en ligne à partir de plateformes internationales. Et, qu’il y a de moins en moins de “stockistes”, c’est-à-dire des centrales d’achats multimarques. De fait, recommande-t-il, la réglementation algérienne sur le commerce doit suivre ce mouvement mondial et les concessionnaires autos se structurer en association professionnelle pour mettre de l’ordre dans ce marché.

Lotfi Halfaoui estime qu’il y a des opportunités d’investissements dans la pièce de rechange de “seconde monte”, c’est-à-dire qui sont affectées à l’entretien et la réparation des véhicules. Ce marché, dit-il, englobe toutes les activités de vente, de réparation et de service relatives aux pièces détachées, accessoires et produits qui se réparent, se posent ou s’utilisent sur une automobile après son achat.

Youcef Salami

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