Dans une offensive sans précédent pour assainir le secteur des métaux précieux, les autorités algériennes imposent désormais une traçabilité numérique stricte. Objectif : sortir l’Algérie de la « liste grise » du GAFI.
En effet, les autorités ont entamé une phase d’accélération de la numérisation et du contrôle des activités économiques jugées « sensibles ». En tête de liste : le commerce des métaux et pierres précieuses, un secteur scruté de près par les instances internationales pour sa vulnérabilité aux réseaux de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.
L’adresse IP fixe : le nouveau sésame obligatoire pour les bijoutiers
Dans une note datée du 1er mars 2026, la Direction de la fiscalité de la wilaya de Batna a instruit le président de l’Association nationale des commerçants et artisans joailliers de se conformer à une nouvelle exigence technique.
Désormais, chaque commerçant du secteur doit se rapprocher des services d’Algérie Télécom pour obtenir une adresse IP publique fixe.
Cette mesure, qui fait suite à une directive de la Direction Générale des Impôts (DGI) émise le 26 février dernier, devait être régularisée avant le 5 mars.
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L’enjeu est technique mais crucial : contrairement aux adresses IP dynamiques qui changent à chaque connexion, une IP fixe permet d’identifier de manière permanente et précise l’origine d’une connexion internet liée à un local commercial ou à un système informatique spécifique.
Traçabilité de l’or : vers la fin de l’opacité grâce au numérique
Selon des sources internes, cette réforme vise plusieurs objectifs stratégiques :
- Interconnexion fiscale : Relier directement l’activité des bijoutiers aux plateformes numériques de l’administration fiscale.
- Sécurisation des données : Garantir que les déclarations et factures électroniques proviennent bien du point de vente déclaré.
- Lutte contre l’anonymat : Empêcher l’utilisation de réseaux de connexion anonymes ou volatils pour l’envoi de données comptables.
Blanchiment d’argent : l’Algérie s’aligne sur les standards du GAFI
Ce renforcement de la surveillance s’inscrit dans une démarche plus large de mise en conformité de l’Algérie avec les standards internationaux. Le pays multiplie les réformes pour sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI).
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Le secteur de l’or est particulièrement ciblé car il permet traditionnellement de transférer de la valeur hors des circuits financiers classiques. En imposant ces nouveaux outils numériques, l’État espère réduire la part des transactions informelles et injecter plus de transparence dans un domaine où le paiement en espèces reste prédominant.
