Entre la volatilité des cours mondiaux et une demande locale atone, les bijoutiers algériens traversent une crise inédite. Alors que certains commerçants suspendent leurs ventes pour épargner leurs marges, l’organisation « Himayatek » monte au créneau pour dénoncer des pratiques illégales.
Le marché de l’or en Algérie ne brille plus autant qu’avant. Depuis le début de l’année, les vitrines des bijoutiers cachent une réalité bien plus sombre que l’éclat des parures : celle d’un secteur pris en étau par des forces internationales et des tensions locales croissantes.
Prix de l’or en Algérie : l’impact des tensions internationales sur le marché local
L’or, traditionnellement considéré comme la valeur refuge par excellence, subit de plein fouet les soubresauts de l’actualité mondiale.
Les tensions au Moyen-Orient provoquent des ondes de choc sur la bourse : en l’espace de quelques jours, le prix du gramme peut varier de plusieurs milliers de dinars, plongeant les professionnels dans une insécurité financière permanente. Certains artisans avouent même être contraints de vendre à perte pour maintenir un semblant de trésorerie.
Malgré l’instabilité ambiante, les tarifs pratiqués en boutique permettent de dessiner une tendance claire, bien que fluctuante. Selon les témoignages d’artisans du secteur, le prix de l’or produit localement démarre aux alentours de 28 700 DA pour atteindre les 30 000 DA. Pour ce qui est de l’or importé, les tarifs sont naturellement plus élevés, oscillant généralement entre 29 700 DA et plus de 32 000 DA le gramme.
Bijouteries fermées ou vitrines vides ? Himayatek dénonce des pratiques abusives
Face à cette chute des cours, une pratique s’est généralisée : la suspension volontaire des ventes. De nombreux fournisseurs et détaillants préfèrent retirer leurs produits du circuit en attendant une remontée des prix, bloquant ainsi toute la chaîne d’approvisionnement.
Cette stratégie n’est pas passée inaperçue. L’Organisation Algérienne de Défense du Consommateur, Himayatek, a récemment publié un communiqué pour dénoncer ces méthodes. L’organisation rappelle que :
- Le refus de vendre une marchandise disponible sans motif légal est une pratique commerciale déloyale.
- Ce comportement constitue une atteinte directe aux droits du consommateur et aux principes de transparence.
- Ces abus sont sanctionnés par la loi et considérés comme des entraves à la liberté du commerce.
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Himayatek appelle désormais les citoyens à la vigilance et les encourage à documenter et signaler tout abus auprès des autorités compétentes.
Pourquoi les clients boudent-ils les bijouteries malgré la baisse ?
Paradoxalement, la chute des cours mondiaux ne provoque pas d’euphorie chez les acheteurs. Plusieurs facteurs expliquent ce calme plat.
D’abord, l’épuisement du budget des ménages après les dépenses importantes du Ramadan et de l’Aïd. Ensuite, un certain attentisme : les clients espèrent une baisse encore plus marquée et préfèrent observer le marché avant d’investir.
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Enfin, le manque de confiance face à l’instabilité actuelle crée un climat d’incertitude qui freine les achats, qu’ils soient de précaution ou de plaisir.
