Le gouvernement Sellal cherche à comprendre où réside le problème et pourquoi le privé algérien n’apporte pas une valeur ajoutée à l’économie nationale.
Il est à préciser que ce n’est pas la première fois que cette question est posée mais le problème est qu’elle reste sur le tapis malgré toutes les décisions prises dans le cadre de facilitations accordées aux patrons algériens. Dans son plan d’action adopté en octobre dernier par le Parlement, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait mis en avant la relance de l’économie nationale.
Il s’agit d’un objectif inscrit dans le cadre du programme de Bouteflika mais qui peine à se réaliser en l’absence d’un investissement local et étranger productif.
Dans ce cadre, le gouvernement Sellal cherche à compren-dre ou réside le problème et pourquoi le privé algérien n’apporte pas une valeur ajoutée à l’économie nationale. Il est à préciser que ce n’est pas la première fois que cette question est posée, mais le problème est qu’elle reste sur le tapis malgré toutes les décisions prises dans le cadre de facilitations accordées aux patrons algériens, notamment celles décidés lors de la précédente tripartite commandée par le Président Bouteflika et dirigée par l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia. La question qui se pose réellement est de savoir pourquoi la réalité est différente des instructions, lois et décisions prises au plus haut niveau de l’Etat.
D’ailleurs, l’opération de rééchelonnement des dettes bancaires des entreprises déstructurées a atteint «un niveau de traitement de près de 70%», soit «près de 127 milliards de DA», selon le ministre des Finances, Karim Djoudi.
Mais où est le rendement ? Dans ce contexte contradictoire, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal a opté pour une réunion avec les patrons et la Centrale syndicale, avec pour priorité l’économie et non le front social. L’Etat a probablement décidé, cette fois-ci, de ne plus verser de l’argent aux travailleurs alors que l’économie n’avance pas. Dans ce cadre, le Premier ministre propose un pacte de croissance en 2013 pour relancer l’investissement et la production nationale.
A l’ouverture des travaux de sa première rencontre avec les partenaires économiques et sociaux depuis sa nomination à la tête du gouvernement, M. Sellal affirme qu’il n’est plus possible de se contenter d’avoir seulement 700 000 PME en Algérie. «Il faut faire plus, surtout qu’au regard du contexte international beaucoup de pays européens et voisins souffrent énormément et nous offrent des capacités», a-t-il dit.
En contrepartie, le Premier ministre assure le patronat que les PME privées seront associées au programme d’investissements publics. Dans ce cadre, il a exhorté les chefs d’entreprises à investir davantage en allant vers le partenariat avec des firmes étrangères. Le chef de l’Exécutif a souligné que la règle 51/49%, souvent décriée «a été en fait admise par nos partenaires». Dans un souci d’améliorer la fluidité de la gestion bancaire, M. Sellal a annoncé que la Banque d’Algérie (BA) devrait élaborer «immédiatement» un nouveau règlement. A cet effet, la BA, l’ABEF et les banques de la place sont chargées de mettre en œuvre immédiatement des facilitations en termes d’octroi de crédits et de gestion bancaire quotidienne. Autre cadeau pour le patronat offert par Sellal et en particulier au Forum des chefs d’entreprises suite à la demande de ce dernier. Il s’agit de la réintégration des entreprises publiques, dont Saidal et Air Algérie dans cette association patronale après leur départ suite à une instruction de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia. D’autre part, les patrons ont insisté sur la nécessité d’approfondir le dialogue et la concertation entre tous les acteurs et partenaires du développement économique. La Centrale syndicale n’a rien arraché dans cette rencontre en matière de revendications des travailleurs, dont l’amélioration du pouvoir d’achat sur lequel l’UGTA en collaboration avec le Cnes a présenté un mémorandum destiné au chef de l’Etat. Son patron, Abdelmadjid Sidi Saïd, a préconisé la tenue dans les meilleurs délais d’une conférence nationale sur le développement industriel. Il s’agit, selon lui, de «mettre en place les éléments nécessaires pour la reconstruction de l’économie nationale». Pourtant, beaucoup de dossiers sont restés en suspens, dont l’abrogation de l’article 87bis qui rend les augmentations salariales sans effet, le dossier de la retraite et l’abrogation ou la réduction de l’IRG. En attendant, une tripartite «sociale», les différents groupes de travail issus de la dernière tripartite n’ont toujours pas rendu publics leurs résultats.
Par Nacera Chennafi
