Des massifs forestiers aux abords des zones habitées, les incendies ont fait vivre un véritable cauchemar à plusieurs régions d’Algérie cette saison, attisés par des conditions météorologiques extrêmes qui ont favorisé leur propagation.
La mobilisation a été générale avec plus de 1 500 interventions coup de poing lancées en douze jours pour protéger les habitations et contenir les dégâts. À présent, la Protection Civile et les brigades forestières ont maitrisé les principaux foyers à travers le pays.
Invité de l’émission « Dayf Essabah » sur les ondes de la Radio algérienne, le directeur général des forêts, Djamel Touahria, indique toutefois que le danger n’est pas totalement écarté. Dans plusieurs zones, les équipes restent déployées pour mener des opérations de refroidissement intensives afin d’éviter toute reprise des flammes.
Pourquoi les feux de forêt se sont-ils propagés rapidement en Algérie cette saison ?
L’ampleur des incendies s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs naturels et humains. Selon le directeur général des forêts, les conditions climatiques de cette année ont favorisé la propagation rapide des flammes dans plusieurs régions.
Un couvert végétal dense après un hiver marqué par les pluies
L’un des premiers facteurs évoqués concerne la densité du couvert végétal. Les précipitations importantes enregistrées durant l’hiver ont favorisé une forte croissance de la végétation.
Avec l’arrivée de la saison chaude, une partie de cette végétation s’est transformée en matière sèche facilement inflammable, augmentant ainsi le risque de propagation des incendies.
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La chaleur et les vents ont accéléré la progression des flammes
La hausse des températures a également contribué à rendre les espaces forestiers plus vulnérables. Les périodes de forte chaleur ont asséché davantage la végétation, créant un environnement favorable au développement des feux.
Les vents forts ont, de leur côté, accéléré la progression des flammes et rendu certaines interventions plus difficiles, en facilitant le déplacement rapide des incendies.
Les herbes sèches ont favorisé l’extension des incendies
La présence importante d’herbes sèches dans plusieurs zones touchées a constitué un facteur aggravant. Cette végétation, particulièrement sensible au feu durant les périodes chaudes, a facilité le passage des flammes sur de nouvelles surfaces.
Le facteur humain reste la principale cause des départs de feu
Au-delà des conditions naturelles, Djamel Touahria a insisté sur le rôle du facteur humain dans l’origine des incendies. Selon lui, la majorité des départs de feu sont liés aux activités humaines, notamment à travers des comportements négligents.
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Parmi les situations citées figurent les feux allumés sans surveillance ou encore l’absence de nettoyage autour des habitations et des routes, qui peut favoriser la naissance et la propagation des flammes.
Le responsable a également fait état d’incendies à caractère criminel, ainsi que de certains départs liés à des facteurs naturels.
Feux de forêt en Algérie : les enquêtes se renforcent pour identifier l’origine des incendies
Pour déterminer les causes précises des départs de feu, des équipes spécialisées ont été formées afin de mener des investigations techniques après les incendies.
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Ces spécialistes disposent de méthodes permettant de localiser le point de départ des flammes et d’établir les circonstances ayant conduit au déclenchement du feu. Ces données permettent d’améliorer les mesures de prévention et de mieux cibler les zones à risque.
Après les incendies, comment les zones forestières touchées seront-elles réhabilitées ?
Après la maîtrise des feux, l’autre défi concerne désormais la restauration des espaces endommagés. Djamel Touahria a expliqué que la réhabilitation dépendra de la nature du couvert forestier affecté.
Certaines espèces végétales disposent d’une capacité de régénération naturelle et peuvent retrouver leur développement après le passage des flammes. D’autres nécessiteront des opérations de reboisement, après une évaluation précise des dégâts enregistrés.
Les interventions seront donc adaptées selon l’état des forêts touchées et les besoins identifiés sur le terrain.
Prévention des feux de forêt : drones et satellites au service de la surveillance
La lutte contre les incendies repose également sur un programme de prévention mis en place avant la saison estivale. Celui-ci comprend l’entretien des pistes forestières, la réalisation de lignes coupe-feu et la surveillance des points d’approvisionnement en eau.
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Les services forestiers s’appuient aussi sur de nouveaux outils technologiques. Des drones sont utilisés pour surveiller les massifs forestiers et suivre l’évolution des incendies, tandis que les images satellitaires permettent d’identifier les zones de départ et d’analyser les causes possibles.
Le directeur général des forêts a enfin appelé à renforcer les moyens d’intervention, à renouveler les effectifs et à poursuivre les campagnes de sensibilisation afin de réduire les risques lors des prochaines saisons.
