Le consultant en transition énergétique, Toufik Hasni : l’absence de cohérence a compromis les projets de production d’énergie solaire

dimanche 16 juin 2019 à 11:04
Source de l'article : Radioalgerie.dz

Prévu initialement pour produire une puissance de 22.000 mégawatts, l’immense projet de développement des champs d’énergie solaire a, en raison de responsabilités restant encore à situer, été successivement réduit à 4.000, puis à 150 mégawatts.

Rappelant qu’à l’origine le programme de développement des énergies renouvelable prévoyait de produite 22.000 mégawatts, le consultant en transition énergétique, Toufik Hasni, signale que celui-ci s’est, pour des raisons inexpliquées, trouvé réduit à 4.000 mégawatts, ne suscitant, dit-il, aucun intérêt de la part des investisseurs étrangers.

S’exprimant, dimanche, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, il rappelle que des 4.000 mégawatts, l’on est pour des raisons obscrures passé à 150 mégawatts réservés, cette fois, à des investisseurs Algériens. Pour lui, il s’agit clairement là d’une « totale absence de stratégie et d’un manque de cohérence » dans le domaine.

Poussant plus loin, M. Hasni observe que les personnes chargées de piloter la construction de structures de production d’énergie solaire n’ont, de plus, pas eu une vision intégrée pour ce qui a trait à l’acheminement de l’électricité produite vers les lieux de son utilisation, situés dans les régions nord de l’Algérie. .

Si, selon lui, il n’y a finalement qu’une infime partie des soumissionnaires qui ont été rétenus pour réaliser le projet des 150 mégawatts, c’est explique-t-il, parce que la majorité de ceux qui au départ s’étaient montrés interessés et qui se sont finalement désistés, pensaient qu’il s’agissait d’en monter les installations et non pas d’avoir à les gérer 25 années durant.

L’origine des erreurs commises, l’intervenant la situe dans l’absence d’une stratégie murement réfléchie dans le domaine pour à aboutir à un mix énergétique, or, poursuit-il, il existe un « lobbye » qui cherche à accorder la primeur aux énergies fossiles. Il en veut pour preuve la position de la Sonelgaz qui, selon lui, maintient une production d’électricité de 2.000 mégawatts/an tirée de l’exploitation de gaz, « pour respecter son contrat avec son fournisseur de turbines ».

Pour que le pays puisse s’extraire de cette inconfortable situation, cet expert propose comme unique solution, l’élaboration d’un « modèle de consommation » à même de définir le meilleur mix énergétique à adopter.

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