L’association Chougrani et l’agence du développement social se mobilisent: Près de 1.300 cas de violence faite aux femmes cette année

L’association Chougrani et l’agence du développement social se mobilisent: Près de 1.300 cas de violence faite aux femmes cette année

J. Boukraa

L’association Chougrani et l’agence du développement social se mobilisent: Près de 1.300 cas de violence faite aux femmes cette année

La direction de l’Action sociale, la direction de la Santé et autres services font état d’une moyenne annuelle d’un millier de femmes victimes de violence à Oran. La violence se retrouve dans toutes les couches de la société, indépendamment de l’âge, de l’origine ethnique, de la scolarité et du niveau socio-économique. Elle se traduit par des agressions physiques, verbales, psychologiques, sexuelles et économiques. Ce phénomène prend une ascension fulgurante de jour en jour. Les données disponibles sur les violences faites aux femmes sont souvent incomplètes et ne révèlent que la partie émergée de l’iceberg.
L’association Chougrani «APROSCH», dans cet esprit, a conçu et mis en œuvre en partenariat avec la direction générale de l’agence de développement social un projet portant lutte contre les violences faites aux femmes et promotions des droits de santé sexuelle et reproductive des femmes en Algérie intitulé «ASWAT DZ», cofinancé par la délégation de l’Union européenne en Algérie. Le projet lancé en 2016 sera clôturé en ce début de mois de décembre. Selon un communiqué de l’association le «projet sera clôturé, pour ensuite inaugurer un nouveau projet intitulé cette fois-ci «voix de femmes algériennes», aujourd’hui à 15h au Théâtre Régional d’Oran à travers un riche programme de sensibilisation contre les violences faites aux femmes».
En effet «pendant trois ans, l’association a mis en œuvre de multiples activités visant des femmes (algériennes), défenseurs des droits des femmes/droits humains, jeunesse/santé, autorités locales, corps médical, juridique et social lié aux droits de santé reproductive des femmes et à la prise en charge des femmes victimes de violence. Dans ce cadre de multiples activités avaient été mises en place dont l’objectif était de développer des actions de promotion des droits fondamentaux et de défense de l’intégrité physique et morale des femmes par le renforcement du rôle des autorités locales en matière de lutte contre la violence faite aux femmes, par la sensibilisation et l’information des femmes sur leurs droits et leur santé reproductive et enfin le soutien aux initiatives pour l’amélioration de l’information et les données sur la situation des droits de santé reproductive des femmes en Algérie», selon la même source. Aussi des campagnes de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et sensibilisation aux droits de santé reproductive ont été organisées dans les wilayas de la région nord-ouest (Oran, Mostaganem, Relizane, Tiaret, Sidi Bel-Abbès, Tlemcen, Temouchent, Mascara et Saïda).

La synthèse des travaux de ces ateliers fera l’objet d’un diagnostic de la situation avec des propositions concrètes qui sera transmis au ministère de la Solidarité et de la Condition de la femme. Notons que des milliers de femmes violentées continuent de cacher leur vécu. Leurs «agresseurs» n’ont jamais été condamnés. Dans la plupart des cas, ce silence s’explique par une certaine mentalité et les coutumes qui sont des obstacles majeurs les empêchant de se plaindre. La direction de la Santé fait état de 1.237 cas depuis le début de l’année, contre 1.227 en 2017, quelque 1.181 cas en 2016 et 875 en 2015», ajoute le même communiqué.

Pour APROSCH, «l’éradication des violences faites aux femmes passe forcément par l’éducation des jeunes femmes et hommes au respect de l’autre et à l’égalité en droits entre les hommes et les femmes car l’éducation est un outil fondamental de construction d’un projet de société ou les jeunes hommes et femmes puissent jouir des mêmes droits, une société débarrassée de toutes formes d’inégalité et de domination des uns par rapport aux autres».