L’ancien ministre Amara Benyounes placé en détention : voici les charges retenus contre lui

L’ancien ministre Amara Benyounes placé en détention : voici les charges retenus contre lui
L’ancien ministre Amara Benyounes

Le juge d’instruction de la troisième chambre du tribunal de Sidi M’Hamed a ordonné, ce mardi, la mise en détention provisoire de l’ancien ministre Amara Benyounès. Transféré sans délai à l’établissement pénitentiaire de Koléa, l’ex-responsable fait face à un arsenal de charges graves : abus de fonction en violation des lois et règlements, dilapidation intentionnelle de fonds et biens publics, non-déclaration de patrimoine, et octroi d’avantages injustifiés à des tiers, a-t-on appris du média El-Khabar. Une affaire qui replonge l’ancien ministre au cœur d’une procédure judiciaire dont les ramifications dépassent son seul cas.

Amara Benyounès incarcéré à Koléa : ce que l’on sait des charges

Placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur, Amara Benyounès rejoint la prison de Koléa dans un contexte judiciaire encore partiellement opaque. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les faits exacts qui lui sont reprochés ni les éléments déterminants ayant conduit à son incarcération.

Selon la même source, les premières informations disponibles indiquent néanmoins que cette procédure s’inscrit dans un dossier judiciaire directement lié à l’ancien ministre Ali Aoun. Ce lien suggère que l’instruction en cours dépasse le cadre d’une affaire individuelle pour s’inscrire dans une enquête plus large, touchant plusieurs anciens responsables de l’État.

Ce n’est pas la première fois qu’Amara Benyounès se retrouve dans le viseur de la justice. Depuis l’ouverture des grandes enquêtes anticorruption en 2019, son nom avait déjà été associé à plusieurs procédures. Son retour sur le devant de la scène judiciaire ce mardi marque une nouvelle étape dans un parcours judiciaire qui s’annonce long.

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Le dossier Ali Aoun, toile de fond d’une affaire tentaculaire

Pour comprendre le contexte dans lequel s’inscrit l’arrestation d’Amara Benyounès, il faut revenir sur l’affaire dite de la corruption au sein du groupe Imetal. Ce dossier, instruit par la même troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’Hamed, a conduit en avril 2026 à la condamnation d’Ali Aoun à cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars.

L’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique avait été reconnu coupable de blanchiment d’argent, de dilapidation de fonds publics et d’abus de fonction. Son fils Mehdi avait écopé d’une peine encore plus lourde, fixée à six ans de réclusion. Le dossier impliquait également des dirigeants de filiales du groupe public Imetal, dont le PDG du complexe sidérurgique d’El Hadjar, Karim Boulaïoun, condamné à trois ans ferme.

L’instruction avait mis au jour des marchés suspects conclus avec l’homme d’affaires oranais « Nounou Manita », des opérations douteuses portant sur des déchets ferreux et des résidus de cuivre, ainsi qu’un déplacement non autorisé en Mauritanie de plusieurs cadres d’entreprises publiques pour y conclure des contrats. C’est dans ce contexte dense que le nom d’Amara Benyounès refait surface.

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