Sur le plateau de l’émission Hebdo Show diffusée sur AL24 News, le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, Michel Bisac, a livré un message clair aux entreprises françaises. Loin du débat sur les importations, il a recentré la discussion sur un changement qu’il juge profond. L’Algérie ne doit plus être perçue comme un marché d’écoulement, mais comme un territoire d’investissement et de production.
Fort de vingt années d’expérience sur le terrain, l’intervenant a décrit une transformation progressive du paysage économique algérien. Selon lui, les conditions sont aujourd’hui réunies pour encourager une implantation industrielle durable.
Investissement en Algérie : un « véritable changement de paradigme » selon Michel Bisac
Michel Bisac a d’abord tenu à déplacer le curseur du débat. « Je ne voulais pas vous parler des 5 milliards d’importation de France (…) Je voulais vous parler des investissements que la France notamment et puis les autres pays doivent faire ici en Algérie », a-t-il déclaré.
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Il insiste sur un « véritable changement de paradigme ». Pour lui, « l’Algérie n’est pas simplement un consommateur. L’Algérie est aussi un pays dans lequel il faut venir, il faut investir pour travailler et fabriquer sur place ».
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française met en avant deux éléments clés :
- Un coût de l’énergie qu’il qualifie de moins élevé
- Une évolution notable des compétences locales
Il affirme avoir constaté cette progression sur deux décennies : « Ça fait 20 ans que je suis là (…) Il y a 20 ans, je ne trouvais pas les compétences que nous trouvons aujourd’hui en Algérie ».
Compétences locales et coût de production : les atouts mis en avant pour l’investissement en Algérie
Au-delà de l’énergie, Michel Bisac évoque également « le prix aussi de la main-d’œuvre qui est beaucoup moins élevé qu’en Europe ». À ses yeux, la combinaison entre montée en compétences et coûts de production compétitifs renforce l’attractivité du pays.
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Il estime que les entreprises qui souhaitent maintenir leur présence en lien avec l’Algérie doivent intégrer cette nouvelle réalité. L’enjeu ne se limite plus à exporter vers le marché algérien, mais à structurer des projets industriels locaux.
ZCLAF et partenariats locaux : les conditions d’un investissement en Algérie réussi
L’intervenant mentionne aussi la ZCLAF, désormais mise en place, en exprimant sa confiance dans ce dispositif. « Moi je crois beaucoup à la ZCLAF maintenant qu’elle est mise en place », a-t-il souligné.
Il nuance toutefois son propos en rappelant les spécificités du contexte national : « C’est pas un pays facile ». Selon lui, la réussite d’un projet passe par un ancrage local solide. Il recommande aux entreprises étrangères de :
- S’entourer de partenaires algériens expérimentés
- S’appuyer sur des acteurs qui connaissent les réalités administratives
- Anticiper les difficultés liées à l’environnement réglementaire
« Il faut savoir s’entourer. Il faut savoir trouver les bons partenaires algériens qui connaissent le métier, qui connaissent le pays », a-t-il insisté.
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En conclusion, l’intervention de Michel Bisac trace une ligne directrice nette. L’Algérie, selon lui, entre dans une phase où l’investissement productif prend le pas sur la simple relation commerciale. Pour les entreprises françaises et européennes, le défi consiste désormais à adapter leur stratégie à cette nouvelle donne.
